« S’il n’y avait pas de difficultés, ce serait le paradis », disait Jean-Marie Tjibaou. Le paradis n’étant pas de cette terre, rien n’est évidemment parfait.
Nombre de schémas territoriaux d’aménagement et de développement ne sont pas aboutis. Le dialogue social est loin d’être serein, même si des progrès ont été faits. La définition de l’emploi local reste embryonnaire. Les notions de citoyenneté et de destin commun demeurent floues. La prise en compte d’une jeunesse tentée par les conduites à risque et la délinquance est insuffisante. La répartition de la richesse reste inégale du point de vue géographique et social. Et si le rééquilibrage est réel sur le plan des infrastructures, il est encore timide du point de vue économique, comme en témoignent les flux migratoires du Nord et surtout des Îles vers le Grand Nouméa. Enfin, et c’est peut-être le plus préoccupant, les tensions ethniques ne sont pas toutes apaisées, particulièrement entre la communauté kanak et la communauté wallisienne et futunienne.
Avec autant d’humour que d’humanisme, légitimé par son rôle passé et par l’amour qu’il porte toujours à la Nouvelle-Calédonie, Michel Rocard l’a dit fin mai aux Calédoniens : un chemin considérable a été fait, mais il ne faut jamais, jamais croire que la paix est naturelle. « Dans toute situation, conflit social ou conflit ethnique, la guerre est plus facile que la paix. La paix, c’est la reconnaissance de l’autre. C’est beaucoup plus difficile. Je vous supplie de ne jamais oublier cela. »
|
|