Une journée de présentation de la drèche, résidu du malt, s’est déroulée, vendredi, sur l’exploitation agricole du lycée. Une découverte intéressante pour les professionnels de l’élevage. Ce complément alimentaire a des vertus insoupçonnées.
Pilotée par Steeven Blomme, en qualité de responsable, la journée de présentation de la drèche a été entièrement organisée par les étudiants de BTS deuxième année DARC (développement agricole en région chaude). Grâce à la venue des représentants des deux brasseries calédoniennes, François Lhote de la société Le Froid et Jimmy Tahuhuatama de la GBNC, les dix éleveurs présents ont pu avoir une vision d’ensemble du procédé.
En effet, la drèche est un résidu du brassage du malt servant à fabriquer les bières. Ayant un taux d’humidité de 80 %, elle ne peut être conservée que par la méthode de l’ensilage pour ensuite être consommée par les ruminants. Six cents tonnes par an sont produites par la société Le Froid et mille cinq cents tonnes par la GBNC. Dans le cadre du recyclage écologique, plus de 90 % de la drèche en 2008 est utilisée par les éleveurs alors qu’en 2000, 90 % de celle-ci allait au dépotoir.
La valeur énergétique de la drèche est satisfaisante, grâce à un taux de lipides important. Sa valeur azotée pour les ruminants est intéressante également. Au niveau des minéraux, les drèches sont riches en phosphore et pauvres en calcium, néanmoins le rapport phosphocalcique est moins déséquilibré que celui de l’orge. Elles sont également riches en cuivre et en zinc. Pour les vaches laitières, les drèches couvrent leurs besoins azotés élevés, pour celles destinées à la boucherie, elles augmentent la masse musculaire de l’animal.
Le poids moyen des animaux de l’exploitation est passé de 450 kg à 600 kg
Sous les tropiques, les pâturages sont pauvres en légumineuses, donc en protéines, et en minéraux. De plus, ils sont rapidement lignifiés (baisse des qualités nutritives, digestibilité), ce qui entraîne des déficits alimentaires fréquents ou des rations déséquilibrées. En donnant une alimentation complémentaire sous forme de drèche, on constate une augmentation des performances laitières ou de croissance du bétail.
L’évolution du troupeau sur l’exploitation agricole du lycée entre 2001 à 2007, avec l’utilisation de la drèche depuis 2002, parle d’elle-même. Après deux ans d’utilisation de la drèche, il a été constaté une augmentation du poids moyen des animaux, un meilleur état des bêtes, une meilleure reproduction et une meilleure croissance des veaux. À titre d’exemple, le poids moyen des animaux de l’exploitation est passé de 450 kg en janvier 2002, à 540 kg en janvier 2004 pour atteindre 600 kg en mars 2008.
Sur le plan économique, l’utilisation des deux cents tonnes annuelles de drèches s’avère rentable pour ce troupeau de cent vingt têtes. En effet, les brasseries donnent gracieusement ce résidu, il ne reste à la charge du lycée agricole que le coût de son transport, soit 780 000 francs par an. Le seul bémol est à mettre à l’administration de la province Nord, qui considère les drèches comme un simple liquide et par conséquent, ne subventionne pas leur transport.
À l’issue de cette journée d’information, les éleveurs présents ont pu se rendre compte que l’utilisation des drèches serait facilement transposable à leur station d’élevage.
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