| Goro Nickel, vu de l’intérieur c’est rassurant ! |
Source de craintes pour leur environnement, l’usine du Sud a reçu la visite, mardi, de plus de cent Kunié. De l’avis de tous, cette découverte a été une révélation et bien des craintes sont tombées.
Soucieux d’améliorer l’image que quelques Kunié pouvaient avoir du projet pharaonique de l’usine du Sud, les responsables des relations communautaires de Vale-Inco ont invité la population à venir constater ce qu’était vraiment ce gigantesque chantier.
Mardi, des bus commandés par l’entreprise minière ont fait le tour des huit tribus de l’île afin de permettre à ceux sans moyen de transport de se rendre sur le petit wharf où attendait le Nyie Djeu, le bateau qui a conduit tout ce petit monde sur le site minéralier.
Cette visite était une première aussi bien pour les Kunié que pour les dirigeants de Vale-Inco qui se sont attelés à l’organisation. Cent vingt-neuf personnes se sont finalement présentées à l’embarquement et aucune n’a regretté d’avoir fait le déplacement.
Accueilli par le staff du département des relations communautaires, dès son arrivée, sur le petit embarcadère de l’usine, le groupe a pu découvrir la fourmilière sous presque toutes ses coutures. Après la coutume d’accueil, les Kunié se sont fait expliquer l’historique de la société et la méthode d’extraction « novatrice. Une fois que la première couche de terre végétale a été enlevée, la couche chargée de nickel est extraite et envoyée dans l’usine pour son traitement qui donnera à nos clients le métal qu’ils demandent. Cette technique est hydrométallurgique et c’est pour cela que l’évacuation d’une partie des déchets nécessite le fameux tuyau. La couche de terre végétale est quant à elle préservée, en vue de la remettre en place pour ensuite être reboisée avec les espèces endémiques reproduites dans nos serres. »
Les comités de surveillance seront les meilleurs garants dans le souci de transparence
Les Kunié ont reçu toutes les explications qu’ils désiraient sur ce tuyau, toujours épouvantail du projet, malgré le rapport des experts qui vient d’affirmer que ses rejets ne posaient pas de problèmes pour l’environnement. À ce titre, les responsables de l’usine ont réaffirmé que « les comités de surveillance, constitués des gens des tribus que nous formerons pour vérifier l’effluent, seront les meilleurs garants, dans notre souci de transparence, et que le moindre problème serait synonyme d’arrêt de l’usine, donc contraire à notre intérêt ». L’argument en a rassuré plus d’un.
Après avoir déjeuné dans l’un des restaurants « qui, avec 20 000 repas par jour, est sans aucun doute le plus gros du territoire », le groupe a visité en bus l’usine proprement dite. Les sifflements émanant des rangées devant cette gigantesque construction de tubes et d’acier étaient, sans conteste, les meilleurs témoins de la prise de conscience par les Kunié des mensurations hors norme du projet.
Après être passés par la Kwe ouest où seront entreposés les résidus solides et « où une route initialement prévue a été détournée sur un autre versant suite à la découverte par nos botanistes d’un arbre totalement inconnu », c’est à la plaine des Lacs que les Kunié se sont retrouvés. Ils ont pu observer ce plant parmi tous ceux que Stéphane Mac Coy et son équipe sont en train de faire germer. Devant le nombre de plans, un million, endémiques pour la plupart, les visiteurs n’ont pu que constater là encore la démesure du projet et le témoignage du souci environnemental de la société.
A l’issue de cette visite qui s’est voulue rassurante, les kunié sont, semble-t-il, repartis plus légers.
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