Didier Guénant-Jeanson, le secrétaire général de l’Usoenc, accompagné de nombreux militants venus de toute la Calédonie, a inauguré, hier midi à Koné, le tout nouveau local syndical du Nord, en présence de François Chérèque, le secrétaire général de la CFDT.
Tout a commencé par une longue et émouvante cérémonie coutumière au cours de laquelle les membres de l’Usoenc ont demandé l’aide et le soutien d’autorités coutumières venues en nombre. « D’habitude, quand les syndicats viennent nous voir, c’est pour barrer quelque chose, a confié Jacob Wabéalo, le grand chef du district de Baco. Vous, c’est pour construire votre case. Merci de ce geste. » Un grand chef qui, a appelé les jeunes à la fidèlité. « Les nouvelles structures poussent comme les herbes après la pluie, mais l’Usoenc est le plus vieux de tous. » Didier Guénant-Jeanson, le secrétaire général de l’Usoenc, a profité de l’inauguration du tout nouveau local syndical pour lancer un appel aux travailleurs du Nord, non sans avoir au préalable rendu hommage aux vieux.
Des équilibres à respecter
« A l’Usoenc, nous aussi, on a des vieux qui nous ont appris à respecter les hommes de cette terre et la culture. A tous nos militants du Nord, je dis seulement : cet outil n’est pas pour les gens du Sud, c’est pour vous. Il faut qu’on s’organise pour qu’il y ait toujours quelqu’un dedans. »
Au moment de prendre la parole, François Chérèque, le secrétaire général de la CFDT, une structure qualifiée de « syndicat frère » par Didier Guénant-Jeanson, a eu du mal à cacher son émotion. « Je ne suis arrivé en Calédonie que depuis douze heures, mais je suis très touché par votre accueil, par cette cérémonie. Il y a beaucoup de valeurs derrière ce que je viens de vivre. C’est une leçon de respect que je transmettrai autour de moi, à mon retour en Métropole. » En aparté, il a confié ses premières impressions, « la vision d’un peuple qui travaille, à l’inverse de ce que l’on peut voir dans de nombreux pays d’outre-mer.»
Quant à Didier Guénant-Jeanson, il présente le local comme un outil pour soutenir les travailleurs du Nord. Concernant les emplois générés par l’usine, il préfère parler de « priorité et non d’exclusivité. On aura besoin de travailleurs venus de toute la Calédonie, mais aussi de personnes extérieures au territoire pour mener à bien le projet. Mais nous serons là pour sauvegarder les intérêts des gens du Nord. KNS qui, comme tous les opérateurs miniers, veut faire le moins cher et le plus vite, doit comprendre qu’il y a des équilibres à respecter. »
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