La demande et la production d’acier inoxydable, principal débouché du nickel, sont toujours particulièrement volatiles, ce qui explique en partie les brusques embardées des cours du métal. Pratiquant alternativement stockage et déstockage, les aciéristes changent leurs charges de production d’une semaine sur l’autre.
La production mondiale d’acier inoxydable, tirée par les sidérurgies asiatique et nord-américaine, devrait se reprendre en 2008 après avoir enregistré un recul sensible en 2007, annoncent les dernières prévisions de l’International Stainless Steel Forum (ISSF). Une baisse des stocks d’inox sans précédent, après la chute des cours du nickel en mai 2007, avait entraîné une baisse de 2,6 % de la production par rapport à l’année précédente à 27,7 Mt. Lors de sa dernière conférence à Paris, l’ISSF tablait sur une production d’inox légèrement supérieure à 29,3 Mt. La hausse prévue, 5,8 %, légèrement supérieure à la tendance à long terme, correspond à une augmentation de la demande de 6 %, faisant suite aux 8 % enregistrés l’an dernier.
L’Asie, la seule région dont la production d’inox avait progressé en 2007, devrait à nouveau augmenter de 7,3 % (contre 6,3 % en 2007) son offre de métal en 2008. Avec 17,2 Mt, elle représentera près de 60 % de la production mondiale. La Chine, qui en 2006 a ravi au Japon la place de premier pays producteur, continue de développer ses capacités de production, ce qui va lui permettre d’augmenter l’écart avec son voisin. Après une sensible chute de 13,3 % de sa production en 2007, la zone Europe- Afrique devrait regagner une partie du terrain perdu, en augmentant sa production de 4,4 % à 9,1 Mt. Même scénario pour les Amériques où, après un net recul de 11,8 %, la production devrait remonter à 2,7 Mt, regagnant un modeste 3,7 %. Malgré une hausse continue, la production des pays d’Europe centrale et de l’Est ne dépassera pas 370 000 tonnes.
L’Asie bouscule le marché
La production – comme la demande – d’inox est donc toujours, et de plus en plus, soumise à l’évolution de l’industrie chinoise. « La Chine disposait de plus de 13 Mt de capacité de production d’inox en 2006, alors que la demande atteignait 6,75 Mt », mettait en garde un porte-parole de Baosteel lors d’une conférence sur les aciers organisée par CRU à Pékin fin mai. Toutefois, la demande chinoise devrait augmenter régulièrement pour atteindre 9,5 Mt d’ici à 2012. Largement excédentaire dans les basses qualités, la Chine doit cependant importer les inox les plus sophistiqués comme les séries 400. Subissant une demande faible et une augmentation rapide des stocks, les aciéristes ont dû fortement limiter leur production pour tenter de freiner les baisses de prix. Ce qui n’empêche pas de nouveaux aciéristes, comme Benxi Steel, qui doit fusionner avec Anshan Iron & Steel, d’envisager à son tour de produire également de l’acier inoxydable.
L’Inde également va augmenter sa production, à l’image de Jindal Stainless, qui, pour un coût d’investissement de 1,5 milliard de dollars, compte devenir l’un des grands de l’inox avec une capacité de 2,5 Mt d’ici à 2012. Ce qui n’empêche pas l’aciériste de tabler sur un recul de 7% de la demande locale en 2008, à 1,3 Mt.
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