| L’hydro sort enfin la tête de l’eau |
Depuis des décennies, les ingénieurs planchent sur la mise au point d’une technologie économiquement viable permettant de traiter les latérites. Après bien des déboires, les tenants de l’hydrométallurgie affichent enfin leurs ambitions industrielles.
Utilisée depuis le début du 20e siècle pour traiter notamment le zinc ou le cuivre, l’hydrométallurgie a été appliquée au traitement des minerais latéritiques de nickel latéritique (limonitique) dans l’usine de Moa Bay à Cuba, dans les années 1950. Outre le procédé ammoniacal Caron utilisé à Cuba, aujourd’hui trop coûteux, deux procédés, l’un à haute pression (HPAL, ou lixiviation acide sous haute pression en autoclave), et l’autre à pression atmosphérique, sont en fonctionnement ou en pré-fonctionnement sur les sites nickélifères.
Initié il y a une quinzaine d’années en Australie (Murrin Murrin, Cawse), le procédé high-pressure acid leaching (HPAL) permet la récupération de plus de 90 % du nickel et du cobalt contenu dans le minerai. Cette technologie a été affinée par le Canadien Inco qui comptait l’appliquer sur son site de Goro en Nouvelle-Calédonie, pour traiter un minerai latéritique-limonitique à haute teneur.
Quatrième génération du process
Tirant partie des déboires de ses concurrents en Australie, la société canadienne (rachetée en 2006 par le brésilien Vale) a amélioré l’ingénierie de son propre procédé, identifiant et solutionnant les différents problèmes. Ce procédé dit de « quatrième génération » sera mis en œuvre commercialement par Valé dans l’unité calédonienne qui devrait entrer en fonction d’ici à la fin de l’année ou au début 2009 (lire le détail du process page suivante). Par ailleurs,
le groupe Eramet peaufine également sa
propre technique, présentée comme étant « plus simple » car utilisant des « technologies éprouvées ». Elle sera mise en œuvre à Weda Bay en Indonésie, avant d’être éventuellement déclinée en Nouvelle-Calédonie (lire pages 26-27). Par ailleurs, il faut rappeler que la nouvelle raffinerie de nickel construite par le géant minier BHP Billiton à Ravensthorpe (Australie de l'ouest), a
produit ses premières tonnes en fin d'année dernière. Elle traite par procédé hydrométallurgique les latérites provenant d'une mine à ciel ouvert située à proximité. Elle doit, à terme, produire annuellement 50 000 tonnes de nickel. Selon les experts, avant la fin de la décennie, la production de nickel issue des latérites devrait dépasser celle réalisée à partir des sulfures. Une
tendance qui aura été accélérée par
l'explosion des coûts de l'énergie (qui plombent la pyrométallurgie) et la hausse constante de la demande mondiale de nickel.
|
Dans la même rubrique |
|
|
 |
|