| « La Nouvelle-Calédonie sera un exemple de conservation de la biodiversité » |
Les Nouvelles calédoniennes : Le modèle de la réserve naturelle de Linhares est-il transposable en Nouvelle-Calédonie ?
Renato Moraes de Jesus, directeur général « biodiversité » de Vale : L'adapter, oui. Il faut, dans un premier temps, identifier la surface, se prémunir de tout risque d'incendie, empêcher toute agression de la chasse. Ensuite, doit être menée toute l'étude sur l'écosystème - pas seulement la flore mais aussi la faune, ainsi que leurs interactions.
Existe-t-il déjà des prémices ?
Il existe déjà une surface devant être transformée en réserve. Est de même évoqué un projet de banque génétique ex-situ. Dans ce cadre, nous allons identifier les espèces endémiques autour de Goro susceptibles de disparaître. L'idée est de recueillir ce « matériel » génétique et de le regrouper en un endroit. Je ne vois pas d'autre façon de faire de la conservation de biodiversité en Nouvelle-Calédonie que d'élaborer des réserves in situ et ex situ.
Ce projet est-il invariablement associé au programme industriel ?
Il n'existe aucune condition qui oblige la compagnie à faire cela. Cela va se faire de manière spontanée. Au Brésil ou en Nouvelle-Calédonie, c'est le rôle de Vale d'avoir cette relation socioenvironnementale avec les populations. Il existe ici (dans le pays sud-américain) des lois spécifiques visant la préservation de la biodiversité, mais nous faisons beaucoup plus. Dans les quatre prochains mois, nous allons publier les normes de protection environnementale de la compagnie à destination notamment des employés. Je le dis : l'extraction de minerais est une activité économique - quand elle est bien faite - qui peut préserver la biodiversité et même la « récupérer ». Cela peut apparaître paradoxal, mais dans deux à trois ans, vous verrez ce qui a été fait. La Nouvelle-Calédonie sera un exemple.
Vale fait-elle de la recherche ou se donne-t-elle bonne conscience ?
Il y a tout d'abord les lois. Et Vale fait beaucoup plus que le cadre réglementaire. Notre travail sur les surfaces dégradées se fait dans le monde entier. Maintenant, nous voyons les arbres « revenir » à leur place. Il faut comprendre aussi que Vale n'est pas là pour résoudre le problème de la planète, mais elle fait sa part, elle crée des références, et incite les autres à suivre le mouvement. Vale est une locomotive, ce n'est pas encore un train rapide japonais, mais le train avance. C'est long, il faut changer la pensée des gens.
Vous, scientifique de la nature, ne pourriez laisser un Vale polluant, destructeur ?
Vale ne peut vouloir polluer. Dans le Sud calédonien, les coutumiers ont affirmé avoir vu 150 ans de dégradation. Vale n'a pas une baguette magique pour tout réparer d'un coup, mais elle va faire sa part, j'en suis sûr.
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