Des plans d’actions pour agir contre la prolifération des cerfs et des cochons sauvages dans le Nord deviennent indispensables face à la population actuelle. La semaine dernière, la Fédération de chasse s’est rendue à Pouembout afin de donner les premières orientations à cette action.
Depuis plusieurs années, la Fédération œuvre en tant que bénévole. Dorénavant, dotée de subventions allouées par le gouvernement, la province Sud et maintenant la province Nord, elle devient partenaire privilégié des institutions. Stéphane Le Marrec, membre de l’Association des chasseurs de Pouembout, vient d’être nommé représentant de la Fédération de chasse dans le Nord. De fait, il devient l’interlocuteur officiel des autorités et doit restituer aux mandants les actions et les interventions effectuées sur le terrain.
Ainsi, une première rencontre des représentants de la Fédération de la faune et de la chasse en Nouvelle-Calédonie (FFCNC) a eu lieu mercredi après-midi, à la mairie de Pouembout, en présence des élus, Yann Peraldi, Luc Tournabien et Pascal Goffinet. Au centre des préoccupations était la prolifération des cervidés comme celle des cochons sauvages. Celle-ci pose d’innombrables problèmes, plutôt inquiétants : la dégradation d’un écosystème végétal endémique, un surpâturage des zones dédiées à l’élevage, une destruction des cultures vivrières en tribu, une menace sur les captages d’eau potable en raison des déjections, un affaiblissement génétique de l’espèce… La liste est bien longue.
Cette réunion avait pour but d’établir les bases d’un plan. Bien évidemment, il ne s’agit pas d’envisager l’éradication de ces espèces, mais de régulation. Il demeure évident qu’il est aujourd’hui nécessaire de les contrôler si on veut conserver une bonne qualité du cheptel. Sur un plan administratif, il faudrait donc arriver à une gestion rigoureuse de la chasse en établissant des plans en cohérence avec les zones concernées, en l’occurrence, la Forêt plate, le site de Pindaï et le massif du Koniambo. Il a été proposé également de doter les chasseurs d’armes et de munitions capables d’endiguer cette prolifération.
Un code réglementaire et de déontologie vis-à-vis de cette pratique pour une chasse libre mais non libertaire
En parallèle, la province devra se munir d’un code réglementaire et de déontologie vis-à-vis de cette pratique pour « une chasse libre mais non libertaire » comme l’a souligné Marcel Canel, président de la Fédération.
Sur un plan écologique, les espèces concernées menacent directement et d’une manière durable la flore endémique du territoire. Devant l’ampleur de la situation catastrophique actuelle, chacun sait que rien ne sera plus comme avant. Le but aujourd‘hui et de tenter de maintenir et de sauver ce qu’il reste à sauver.
Dans un premier temps, il est proposé que l’action se fasse sur un plan quantitatif avant de pouvoir ensuite organiser une gestion du gros gibier et de rendre au cervidé et au cochon sauvage calédonien leur qualité.
Les acteurs sont prêts à travailler de concert. D’autres réunions suivront cette première approche avant qu’un plan de régulation soit effectif. Ce travail, avec le soutien de la province, amènera, espère-t-on, les générations futures à évoluer dans un biotope stabilisé où elles pourront perpétuer les traditions profondes de la chasse.
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