Moment solennel, hier, à Foué, avec la pose de la première pierre de ce qui sera la base nautique. L’équipement, espéré depuis longtemps, entre dans sa phase active de réalisation. Il devrait être fonctionnel, du moins en ce qui concerne la première tranche de travaux, d’ici dix-huit mois.
VKP se structure. Et plus seulement en paroles. Hier, à Foué, les élus de la zone -représentant de la province Nord et maires de Koné, de Voh et de Pouembout - et le représentant du commissaire délégué de la République ont posé la première pierre de la future base nautique, « un équipement au sein duquel les utilisateurs pourront conjuguer respect de la nature et passion du sport », selon les termes de Joseph Goromido, le maire de Koné.
S’il n’est pour l’instant question que de première tranche (150 millions de francs pour un coût global de 320 MF), le projet adopté par l’assemblée de province, en septembre 2006, va donc voir le jour. À terme, l’ensemble comprendra un hall de stockage, des vestiaires, un bâtiment dédié à l’administration, une halle bateaux et un atelier de réparation ainsi qu’un réfectoire et un dortoir pouvant accueillir des classes de mer.
M. Hannequin, le directeur des sports et loisirs à la province Nord, s’est réjoui de cet équipement « qui permettra aux jeunes de ce pays d’arriver à des pratiques nouvelles et de passer du bateau à moteur au bateau à voile ». Un sentiment partagé par Atonio Ilalio, l’adjoint au commissaire délégué, qui a tenu à rendre un hommage tout particulier au grand chef du district de Baco, Albert Wabéalo, « sans qui rien n’aurait été possible ».
« À Foué comme ailleurs, il y avait un existant dont il fallait tenir compte »
Conçue par Marcel Mélène, un architecte calédonien qui a déjà à son actif la salle de sport de Ponérihouen et le centre de formation de Touho, la future base nautique, comme d’ailleurs tous les équipements de la ville de Koné, se veut le reflet de la ville océanienne. C’est le souhait de l’équipe municipale en place. « Ce qu’on apprend en premier, nous, les architectes, c’est de démolir avant de construire, explique l’intéressé. À Foué comme ailleurs, il y avait un existant dont il fallait tenir compte. » Un existant humain avec « un site de peuplement kanak » et un sol pouvant receler des poteries anciennes, mais aussi un existant naturel avec une baie riche en herbiers qui a poussé les promoteurs de la base à prohiber l’utilisation de bateaux à hélices.
Comme dans le cas du futur centre culturel provincial (lire dans notre prochaine édition), l’architecte est parti des bâtiments déjà édifiés. C’est ainsi que le dock abritant l’école de voile de l’office municipal des sports va être conservé et réhabilité. Les bâtiments annexes seront réalisés en structures légères et reposeront sur des soubassements en pierre supportant des panneautages de lattis en bois ou en métal. L’accès se fera par l’arrière grâce à une nouvelle route, non inondable, qui desservira également le village de pêcheurs voisin.
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