En mai prochain, la commune célébrera les vingt ans de la mort de Jean-Marie Tjibaou. Pour préparer cet événement, la mairie de Hienghène prévoit de goudronner le sentier qui mène à Tiendanite. Il reste neuf mois pour réaliser ces travaux tant attendus par la tribu.
A Tiendanite, on ne jure que par saint Thomas. « Je ne crois que ce que je vois », souligne Bernard Maepas, le président du conseil des anciens. Autrement dit, tant que les travaux de goudronnage de la route qui mène à la tribu ne seront pas commencés, personne n’ose y penser. « Ça fait tellement longtemps qu’on demande de la refaire… » Excédé, le conseil des anciens a même remis à Yves Jégo, lors du dernier passage du secrétaire d’Etat à l’Outre-Mer, une liste de doléances mentionnant le problème de la route. « L’aide de l’Etat ou de la province était indispensable étant donné les moyens financiers de la commune. C’est pour cette raison que ça prend du temps », précise Jean-Pierre Djaiwé, le vice-président de la province Nord (lire aussi notre encadré).
Mais aujourd’hui, les choses semblent bouger. Et si tout se passe comme prévu, la réfection de la route devrait débuter en fin d’année. L’objectif, c’est de la terminer avant mai 2009, date de la commémoration des vingt ans de la mort de Jean-Marie Tjibaou. C’est d’ailleurs dans la perspective de ce grand événement que les pouvoirs publics ont pris les choses en main.
« Il y en a même qui sont restés bloqués une semaine ici à cause de la pluie ! »
Le compte à rebours est donc lancé, il reste neuf mois pour refaire les 3,9 kilomètres de piste. Mais ce n’est pas tout. Il est aussi prévu de construire une structure plus solide pour remplacer le dernier radier avant la tribu, quasiment infranchissable en période de fortes pluies. « Certains disent que, dès qu’il y a un pipi de chat, les enfants restent ici et ne vont plus à l’école. Au moins, avec un pont, ça pourrait changer », reconnaît Bernard Maepas. La route devrait aussi améliorer l’accès pour les bus scolaires et les voitures. « Ici, on n’en a pas. En revanche, il y a du monde qui vient, dès qu’un ministre est là, il passe par Tiendanite. »
Il y a aussi les touristes, et ils sont nombreux. Quasiment tous les jours, quand le temps le permet, ils se succèdent devant la tombe de Jean-Marie Tjibaou, demandent des explications et, parfois même, ils restent quelques nuits à la tribu. « Il y en a même qui sont restés bloqués une semaine ici à cause de la pluie ! » se souvient le président du conseil des anciens. Au moins, avec la nouvelle route, ce genre d’incident ne devrait plus se produire.
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