| Stéphane Foucaud joue sur plusieurs tableaux |
Quand il n’enseigne pas au collège de Normandie, Stéphane Foucaud rejoint son club de va’a ou s’adonne à la peinture dans un jardin du lotissement Cornaille. Il expose jusqu’à samedi à Boulari, dans le hall du centre culturel.
Le pinceau dans une main, une pagaie dans l’autre. Au rayon de ses grandes passions, Stéphane Foucaud, grand gaillard de 37 ans au contact facile, met la peinture et le va’a à égalité. « Je ne peux me passer ni de l’un ni de l’autre, avoue ce professeur d’arts plastiques au collège de Normandie. Ce qui fait que je n’ai pas trop de temps ! »
Chaque jour, sauf le vendredi et le dimanche, il saute dans une pirogue pour s’entraîner. Pourtant, le va’a l’a conquis tardivement. Au départ, c’est le taekwondo. Mais un grave accident le laisse blessé aux jambes.
La pirogue polynésienne entre dans sa vie alors qu’il enseigne à Poindimié. « Il y avait un club de va’a. Au début, je ne voulais pas y aller. Et puis j’ai fini par être accro ! C’est un peu un challenge de tirer son poids dans l’eau et de diriger la pirogue. »
Depuis son retour sur Nouméa, il a intensifié l’entraînement au sein du Tuhaa pae va’a. Le sportif et son club reviennent d’ailleurs des championnats du monde qui se déroulaient en Californie, du 1er au 9 août. Et malgré ce qu’il considère avec humour comme un grand âge pour la discipline, il rêve de participer à des courses aussi prestigieuses que la Molokai hoe d’Hawaï ou la Hawaiki nui de Polynésie française.
Les séances de peinture ne répondent pas à un calendrier aussi strict. Quand l’inspiration, toujours très océanienne, est au rendez-vous et la météo aussi, Stéphane dégaine le pinceau dans le jardin de ses parents. Au lotissement Cornaille, dans la commune où il a grandi.
« J’utilise beaucoup la pirogue dans mes peintures. C’est un peu comme prendre le large »
Entre ces deux amours, ces deux moyens d’évasion, ce n’est pas que son cœur balance… Mais ils se nourrissent mutuellement. « C’est vrai que j’utilise beaucoup la pirogue dans mes peintures, admet l’artiste. Comme dans plusieurs des œuvres qu’il présente jusqu’à samedi au centre culturel du Mont-Dore. Elle représente l’idée de voyage, un symbole de liberté. C’est un peu comme prendre le large. »
Il mélange à tel point les genres que c’est le thème de ses deux dernières expositions, dont celle en cours à Boulari : le syncrétisme.
Le terme désigne un système philosophique ou religieux qui mêle plusieurs doctrines. Dans les tableaux de Stéphane, conçus comme des mises en association et en métaphore, il s’agit de jeter des ponts entre les croyances. La dame blanche, le vaudou, la symbolique de l’igname ou du taro y trouvent leur place.
Un exemple : Roua Hatou met en parallèle la colère de la divinité polynésienne du même nom et l’arche biblique de Noé. Et là encore, ce tableau rappelle autre chose à son auteur. « Le jour où j’ai peint cette peinture, avec Roua Hatou qui crée un déluge, il y avait une compétition de va’a. C’était le calme plat et brusquement, il y a eu une tempête ! »
Aujourd’hui, l’intérêt de Stéphane pour les syncrétismes reste vif, mais il s’oriente vers de nouveux horizons. En portant beaucoup d’intérêt aux remarques du public. « C’est souvent lui qui m’aide à trouver de nouveaux thèmes. » A bon entendeur…
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