Alain Levant, maire sortant, ayant obtenu dimanche la majorité absolue aux élections municipales, devrait retrouver son fauteuil de maire, vendredi, lors des élections au sein du conseil municipal. Il sera, à ce titre, le doyen du collège des maires.
Les Nouvelles calédoniennes : Quelle analyse faites-vous des résultats obtenus ?
Alain Levant : « Le résultat du bureau de vote n° 1, où nous sommes largement en tête, est conforme au scrutin de mars. Au bureau de vote n° 2, en mars, nous étions vainqueurs d’une ou deux voix sur le FNLKS. Ça ne reflétait pas la réalité politique des tribus de la Chaîne qui généralement votent FLNKS. En mars, on a constaté une forte abstention en raison des intempéries ou parce que les listes en présence ne leur convenaient pas. Dimanche, les électeurs ont beaucoup plus voté. On est revenu au score de 2001. D’une manière générale, l’électorat est stable. Depuis six scrutins, en comptant les partiels, quel que soit le nombre de listes, nous avons toujours obtenu la majorité absolue, ici, au bureau de vote n° 1. »
LNC : Que représente pour vous la perte d’un siège ?
A. L. : « Le résultat d’hier est plus conforme à la politique de la commune. Avec un taux de participation de plus de 75 %, avoir la majorité absolue, c’est bien. Elle est tout à fait légitime et respectée quatre mois après les élections de mars. Je préfère avoir la majorité absolue à dix sièges que d’être élu au troisième tour au bénéfice de l’âge, ou par une coalition. »
LNC : Le recours en référé et ses conséquences ont-ils eu des impacts négatifs sur la bonne marche de la commune ?
A. L. : « Le recours a deux avantages que je reconnais et que tout le monde doit reconnaître. C’est d’abord un rappel aux règles légales d’une campagne électorale. On ne peut pas faire n’importe quoi. Ensuite, lorsque la population s’exprime, cela concède une légitimité forte aux élus. À chaque fois que l’on fait appel au jugement populaire, c’est une bonne chose. »
LNC : On a constaté une certaine tension à l’annonce des résultats…
A. L. : « Une élection n’est pas neutre, elle crée des tensions. Ce jour-là, il y a aussi des antagonismes coutumiers, des querelles de personnes qui se focalisent précisément.
Au dépouillement, tout le monde se retrouve au même endroit. Les perdants ne sont pas contents, les gagnants extériorisent leur joie. Ce sont ceux qui tombent dans l’excès qui posent des problèmes et des débordements comme dimanche soir… Tout est cependant rentré dans l’ordre. J’ose espérer que les gagnants resteront dans des limites acceptables et se mettront
à travailler, et que les perdants resteront de bons perdants. »
LNC : Quels enseignements tirez-vous de ces élections ?
A. L. : « La politique ici est toujours plus ou moins mélangée à des problèmes coutumiers. En période d’élections, les problèmes politiques prennent le pas sur les problèmes coutumiers. Entre deux élections, c’est l’inverse. La commune est ainsi toujours sous tension.
Ce sont des conflits ciblés qui empoisonnent la vie de la commune.
Il y a à Gomen une autre manière de faire de la politique. Nous n’avons ainsi fait qu’une seule réunion électorale, nous n’avons pas fait de campagne médiatique, appliquant ainsi l’ancienne méthode de travail qui reste efficace au vu des résultats. »
LNC : Comment gérez-vous vos relations avec les coutumiers ?
A. L. : On dit que j’ai une emprise sur les coutumiers. C’est plutôt l’inverse. Les coutumiers sont des personnalités reconnues dans la commune, exerçant un certain pouvoir, nié par les uns mais reconnu par moi. Il vaut mieux travailler en parfaite concertation avec eux que de les avoir comme force d’opposition. Les ignorer à l’exercice de la gestion publique serait une erreur. Lorsqu’il y a des problèmes, nous les assumons ensemble. »
LNC : Quelles sont vos priorités à court terme ?
A. L. : « Faire redémarrer la commune, continuer les investissements, essayer de rapidement donner une lecture la plus juste possible à l’expression populaire. La population, qui nous a donné la majorité absolue, a dit à deux reprises qu’elle ne voulait pas le changement. Mais on doit aussi tenir compte de ce qu’ont voulu dire nos adversaires et répondre aux aspirations de cette partie de la population. »
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