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  Grand Nouméa > Dumbéa - 15/11/2008    
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L’audit sans appel pour la gestion Marant
C’était une séance du conseil municipal particulière et attendue. Jeudi soir, les élus ont pris connaissance des résultats de l’audit financier commandé par Georges Naturel. Il conclut à une gestion de la ville largement défaillante sous la mandature Marant.

Silence de plomb. Jeudi soir, les élus du conseil municipal ont été presque assommés par les chiffres, en écoutant la lecture de Yoann Lecourieux, secrétaire général de la mairie, du résumé des résultats de l’audit organisationnel et financier de la ville* commandé par Georges Naturel, l’une de ses promesses électorales. En clair, l’étude portait sur la gestion de l’ancien maire Bernard Marant. Le résumé de l’audit, lu sobrement, sans commentaire de la majorité actuelle, n’est pas tendre pour l’ancienne mandature. C’est même plutôt le contraire. La conclusion est sans appel : « La ville de Dumbéa doit aujourd’hui supporter l’héritage d’une gestion largement défaillante. » Et cela sur tous les plans, en interne comme en externe. En substance, le rapport passe au crible les ressources humaines et l’organisation de la mairie, le contrôle des associations et régies, puis fait une analyse rétrospective sur les années 2004-2008 et indique ensuite les prospections 2008-2014.
D’abord, la situation en interne donne le ton du rapport : une surreprésentation des contractuels (un seul agent de catégorie A pour 230 salariés). En mars dernier, la mairie comptabilisait toujours quelque 130 vacataires. L’audit révèle l’absence de fiches de postes, d’avis de vacance de postes systématiques pour les recrutements et pointe un non-respect des cotisations obligatoires. L’analyse sur l’effort des investissements démontre que ceux inscrits au budget ne sont réalisés qu’à 35 %. « La municipalité reporte d’année en année le fardeau budgétaire d’un reste à réaliser exagéré pour diverses raisons, notamment la consommation des crédits d’investissement par les dépenses de fonctionnement. » Quant aux concessions d’eau et assainissement et d’électricité, impossible pour les auditeurs de faire le point. « Les rapports d’activités ne sont pas assez détaillés et sont éparpillés entre les services. » Sur les contrats d’affermage, Georges Naturel a précisé qu’il demanderait un nouvel audit tant il semblait difficile d’y voir clair.

«La confrérie bénéficie d’un cachet de 700 000 F pour la confection de l’omelette sans justification économique»

D’autres observations surprenantes portent sur les relations de la mairie avec certaines associations rencontrées pour les besoins de l’audit (9 sur 51). Notamment celle du golf de Dumbéa. « Elle compte plus ou moins 500 membres, peut-on lire, en gras. La présentation en recettes/dépenses ne permet aucunement à la collectivité de se faire une quelconque idée sur la santé financière de cette association. » Les rédacteurs posent alors la question : « Comment ses membres peuvent dès lors voter les bilans financiers en toute connaissance de cause ? »
L’association du tennis club d’Auteuil est aussi pointée du doigt au sujet de 500 000 F « versés au gérant du snack (...),versement qui ne trouve pas d’explication ». Même type de remarque au sujet du comité et de la confrérie de l’omelette géante, certains conseillers municipaux ayant été membres des deux structures. « (...) La confrérie bénéficie d’un cachet de 700 000 F pour la confection de l’omelette sans justification économique. »
Sur l’analyse financière rétrospective, l’audit semble indiquer que tous les clignotants sont au rouge avec des chiffres qui paraissent pharaoniques. Par exemple, les dépenses d’investissement. Elles ont augmenté de 247 à 624 millions, soit + 152 %, entre 2004 et 2007. « De nombreuses dépenses inscrites en investissement correspondant à des frais d’études, le taux de réalisation reste inférieur à 50 % entre 2004 et 2007 malgré les recommandations faites par la chambre territoriale des comptes du 25 novembre 2004. » Parmi les conclusions, l’audit indique que « la dette s’est creusée entre 2004 et 2007 et reste 20 % supérieure à la strate des communes de même taille ».
Autant de points que l’ancien maire, Bernard Marant, devrait éclaircir mardi soir puisqu’il prépare sa réponse qu’il lira au cours du prochain conseil consacré au débat d’orientation budgétaire 2009. Quant à l’audit, il est consultable par les élus au secrétariat de la mairie.

* Réalisé par Pricewaterhousecoopers

Parmi les associations pointées dans l’audit, il y a celle du golf de Dumbéa. Mais les auditeurs n’ont pas pu réunir tous les documents nécessaires pour se faire une idée de sa santé financière.

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