Hier soir, les élus ont pris connaissance du débat d’orientation budgétaire au cours d’une conseil chahuté. Faute de ne pas avoir pu lire en début de séance sa réponse à l’audit financier, l’ancien maire, Bernard Marant, et deux de ses colistiers ont quitté brutalement le conseil.
Une semaine après la présentation de l’audit financier de la ville portant sur la période 2003 à 2007 et la remise en cause de la gestion Marant, les élus ont plongé à nouveau leur nez dans les chiffres. Cette fois, ils ont pris connaissance des grandes lignes du débat d’orientation budgétaire après le départ, au bout d’à peine dix minutes, de trois membres de l’opposition, dont l’ancien maire Bernard Marant. Le budget 2009 sera placé sous le signe de la « reconstruction » du fait de « capacités financières réduites ». En clair, Georges Naturel et son équipe veulent comme au Mont-Dore anticiper une année où le montant du Fonds intercommunal de péréquation (FIP) ne devrait pas être supérieur à celui versé en 2008 :
« Compte tenu de la nette augmentation observée sur les dotations et participations de l’Etat et de la Nouvelle-Calédonie sur l’exercice 2008 (...), il est conseillé d’inscrire les dotations perçues à l’identique dans son ensemble. » Les recettes qui suivent l’augmentation et le flux d’une population croissante devraient rapporter légèrement plus, soit 202 millions pour les produits du domaine communal (entrées piscine et golf), et 229 millions pour les centimes additionnels. Mais cela ne sera pas suffisant. Côté charge, la ville devra assurer la rémunération des derniers recrutements effectués cette année. L’annuité de la dette sera de 318 millions dont 95 millions imputés aux intérêts des emprunts. « Vu les recettes, nous avons décidé de ne pas engager d’emprunt cette année », a précisé Georges Naturel.
« Gratuité totale des équipements sportifs pour les associations »
Dans ce contexte, la nouvelle équipe a privilégié certains objectifs et investissements qui visent à « améliorer le cadre de vie, le sentiment de sécurité », « faire face aux enjeux sportifs », à « développer une vraie politique culturelle » pour ne citer que ceux-là.
Objectifs qui se traduiront concrètement par exemple par la mise en œuvre du schéma d’assainissement directeur de Dumbéa sud pour un coût de 62,5 millions et l’amélioration du réseau routier par le biais d’un plan pluriannuel. Mais aussi un aménagement urbain dit de « proximité », tel qu’une place centrale à Koutio, en plus du lancement de deux études : l’une sur l’impact des Zac Dumbéa-sur-Mer et Panda, l’autre sur l’aménagement du parc entre la piscine et le lycée du Grand Nouméa.
Côté sécurité, thème cher au Rassemblement-UMP, la police municipale se verra renforcée de deux brigades de neuf fonctionnaires chacune et ses horaires seront réaménagés. Sur le plan scolaire, la municipalité prévoit une nouvelle école maternelle à côté de la médiathèque dans le cadre du contrat d’agglomération 2006-2010 (195 millions) qui serait complété pour former un groupe scolaire. La caisse des écoles voit, elle, sa subvention portée à 230 millions afin de procéder à sa restructuration.
Mais les investissements les plus importants se feront sur le plan sportif dans le cadre des Jeux du Pacifique, financés en partie par la Nouvelle-Calédonie : 680 millions, rien que pour la piscine de Koutio, 74 millions pour la poursuite des travaux d’extension de la salle des arts martiaux. La ville prévoit de réaliser 120 millions de travaux pour l’extension de la salle de Katiramona, 67 millions pour la halle des sports du Val-Suzon et propose « la gratuité totale des équipements sportifs aux associations dans le cadre d’une utilisation conventionnée. »
Enfin, sur le plan culturel, la nouvelle municipalité lance une étude pour la restauration intérieure de la maison Lacroix. Pointée du doigt dans le fameux audit de la semaine dernière, la fête de la ville sera renouvelée « selon un dispositif rénové et transparent ! » La Maison du temps libre deviendra la Maison de la jeunesse et certains de ses services seront délocalisés dans des maisons de quartier. Le budget primitif, qui sera voté le 22 décembre prochain, prévoira une réorganisation des services municipaux qui entraînera « la création ou la transformation d’un certain nombre de postes ».
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