Au conseil municipal de mardi soir, il a quitté la salle, furieux de ne pas avoir pu lire sa réponse à l’audit financier de la ville 2003-2007 avant l’examen du débat d’orientation budgétaire. L’ancien maire de Dumbéa, Bernard Marant, y répond et se montre très critique vis-à-vis de la nouvelle équipe de Georges Naturel.
Les Nouvelles calédoniennes : Quand avez-vous pris connaissance de l’audit et pourquoi avez-vous quitté le conseil municipal, mardi soir ?
Bernard Marant : L’audit nous a été présenté une première fois par le cabinet métropolitain en commission des finances, mais on n’a pas eu de document écrit donc on n’a pas pu répondre. Et enfin, je n’ai pas pu répondre, puisque j’étais le seul accusé. Donc hier, j’avais préparé une réponse, il eut été normal que je puisse, par souci d’équité ou de transparence, la lire. Je voulais le faire en début de séance parce que l’on traitait de l’orientation du prochain budget, or je ne vais pas donner des réponses après qu’on ait donné un avis sur le budget.
Aviez-vous prévu de quitter la salle après la lecture de votre réponse en début de séance ? Votre sortie n’était-elle pas un effet de zèle ?
Non, parce que je ne pouvais pas m’imaginer que de telles pratiques auraient encore lieu aujourd’hui! Mais, décidément, ce parti (le Rassemblement-UMP) n’a pas changé en vingt ans. Pour moi, cet audit est un acte politique. C’est très réfléchi, il se trouve que je siège toujours au conseil muncipal, j’ai toujours des activités politiques et à l’approche des prochaines élections provinciales, évidemment, ça dérange. On sait que je soutiens le président de la province Sud en exercice. Pour un parti qui veut reconquérir la province, cela fait désordre. Ce n’était pas un effet de zèle, à partir du moment où l’on ne peut pas s’exprimer en séance publique, on n’a plus rien à y faire.
Le fait que cet audit soit réalisé par un cabinet externe, n’est-ce pas la garantie d’une certaine indépendance manifestée par la nouvelle équipe ?
Cet audit ne peut pas être garant de quoi que ce soit et surtout pas d’une certaine légitimité. Parce qu’il a été commandé par le maire en exercice et payé par la commune. Par contre, si on veut des audits garantissant l’impartialité, il existe des institutions nationales comme la Chambre territoriale des comptes.
Justement, l’audit a été transmis à la Chambre territoriale des comptes. Quelle sera votre réaction si cette instance arrive aux mêmes conclusions ?
Dans l’audit financier, il n’y a pas de conclusion : il y a des faits et ils sont présentés de telle façon qu’ils jettent le trouble dans l’esprit du lecteur. Tout est fait pour qu’on ait une mauvaise idée de la gestion de la ville. Il y a des remarques. Par exemple, on laisse entendre la capacité de désendettement : 12 ans, comme si on avait demandé à la commune de rembourser sa dette. Il est clair que cet audit a été monté de toutes pièces pour servir de support à une opération politique.
Y a-t-il des choses qui vous ont particulièrement choqué? Il y a par exemple certaines associations qui sont pointées du doigt. Exemple : le versement de 500 000 francs au gérant du snack du tennis club d’Auteuil...
Il y a une chose qui m’a choquée. On voit bien en filigrane de cet audit que l’on voudrait confirmer les rumeurs qui ont circulé pendant la campagne et qui ont continué après. On ne s’est pas gêné pour dire, encore il y a quelques semaines : « Marant est parti avec tous les sous, Marant a détourné des sous » etc. Or, on voit bien que tous les comptes sont positifs. Cela est choquant et je le condamne. En ce qui concerne les associations, elles sont de type 1901 et se gèrent librement et l’éxécutif de la commune n’a pas à intervenir. Néanmoins, le tennis d’Auteuil, tout le monde sait que c’est moi qui l’ait créé il y a une vingtaine d’années. Manifestement les auditeurs ne jouent pas au tennis. Ils devraient savoir que les journées sont longues et que la stucture est souvent ouverte de 8 heures à 22 heures. Cette somme est une compensation pour que le gérant ne rechigne pas et soit disponible, c’est tout à fait normal. C’est une compensation, c’est un salaire. Mais encore une fois ça n’intéresse pas la commune ça ne la regarde pas. Même remarque pour le golf.
Mais le golf est bien municipal ?
Oui certes, mais il n’ont pas de conseil à donner sur la gestion. Le golf ce n’est pas l’association qui le gère, c’est la municipalité, depuis toujours.
Ils indiquent qu’ils n’ont pas eu tous les éléments pour connaître l’état des comptes du golf et de la Saem Saint- Chef...
Il y a une comptabilité à la mairie. Peut-être qu’il faudrait demander au chef comptable ou au directeur de service. Je ne suis pas parti avec les comptes quand même ! La Saem Saint-Chef, elle a fait une action. On a fait des études pour connaître la possibilité de construire des logements sociaux pour le personnel. Cette étude a été négative pour des raisons techniques, elle a coûté quelques milions de francs et comme la commune a repris son terrain et qu’elle l’a vendu, il ne fallait pas faire supporter cette somme à la société. Donc le conseil a voté une subvention équivalente (de 23 millions).
Vous avez dit mardi soir que cet audit était flou, vague. Quels sont pour vous les éléments manquants? Vous parliez de subventions de l’Etat par exemple.
Quand on fait une opération d’investissement avec le contrat d’agglomération comme, par exemple, la médiathèque, il y a toujours des retards de paiement. Parce que les crédits arrivent avec beaucoup de retard. Et ça le rapport n’en parle pas, il devrait être complet pour avoir une crédibilité. Ils relèvent que seulement 35 % des investissements sont réalisés. Lorsque l’on fait une médiathèque, elle s’échelonne sur deux ou trois ans, donc il y a 30 % de paiement sur une année, 30 % sur une autre, etc. Ensuite, on dit : crédit insuffisant, politique d’affichage budgétaire, consommation des crédits par les dépenses de fonctionnement. Ce ne sont que des impressions générales. De plus, on fait des comparaisons par habitant, si on le fait en Métropole c’est parce qu’il y a aussi une fiscalité locale, ici , il n’y a pas de fiscalité locale.
Ensuite, les habitants, faudrait savoir comment on les compte.
Au 1er janvier, on est passé à 20 485 habitants effectifs, avec 2 700 habitants fictifs, ceux qui vont prendre possession de leur logement en construction au mois d’octobre dernier, ça nous porte à 23 200.
Enfin, ce rapport traite du passé. Dumbéa est une commune d’avenir. Dans cinq ans, il y aura 5 000 à 10 000 habitants de plus avec des augmentations de dotation et de recettes extrèmement importants. On a une urbanisation galopante avec les trois ZAC en cours, et je crois qu’aujourd’hui, il faut regarder l’avenir.
Pour l’instant, c’est ma vision de l’avenir qui est en exécution. Dans tous ce qui est proposé au débat d’orientation budgétaire, c’est tout ce que l’on a fait. Il n’y a pas de perspective d’avenir qui soit propre à cette équipe. Je doute même qu‘ils en aient une !
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