| Réunion de crise à la mairie |
Lundi, le maire, la gendarmerie et le gérant du magasin autorisé à vendre de la bière sur l’île se sont entretenus à la mairie pour tenter de trouver une solution au problème de surconsommation.
Depuis plus de trente ans, un seul magasin a demandé et obtenu la licence l’autorisant à vendre de la bière sur l’île. Un couple, venu de l’extérieur, a repris la gérance de l’établissement voici quelques semaines. Depuis, il est confronté à l’interdiction de vendre de l’alcool chaque week-end, suite à de nombreuses plaintes déposées à la gendarmerie pour des désordres ou des vols survenant dans ou autour du magasin.
Hilarion Vendegou, le maire, souhaitait par ce rendez-vous « attirer l’attention. Je suis interpellé par les quantités d’alcool beaucoup plus importantes qui sont aujourd’hui vendues par rapport à l’ancienne gérance. Beaucoup de mes administrés et les riverains viennent se plaindre à moi et je suis proche de demander la suspension de la licence ». Et le maire et grand chef de l’île de poursuivre : « C’est un problème de santé publique qui touche notre jeunesse. Et les comportements de certains, qui ne répugnent pas à se laisser aller à la mendicité pour acheter de l’alcool, sont choquants. Même les touristes sont importunés. Il faut aussi penser à l’image de l’île. »
« Les comportements de certains, qui ne répugnent pas à se laisser aller à la mendicité pour acheter de l’alcool, sont choquants »
Conscient du problème, Martin Chamussy, le nouveau gérant, se dit « prêt à faire des efforts financiers pour embaucher d’autres agents de sécurité et mettre en place une surveillance vidéo de son échoppe ». Sur les problèmes qu’engendre une consommation abusive d’alcool, il pense qu’ils « concernent une part infime de ses clients, mais que son action ne peut se limiter qu’à son commerce ». La vente de bière représentant 35 % de son chiffre d’affaires, il est donc confronté à un problème délicat : « Je suis tout disposé à appliquer les arrêtés d’interdiction et à continuer aussi à ne pas vendre d’alcool lors des deuils, mais je souhaite surtout être protégé par la législation. »
Il affirme « avoir fait beaucoup d’efforts pour développer d’autres produits mais considère le problème comme insoluble. En attendant, je vais sans doute augmenter le prix de la bière, cela limitera peut-être sa vente ? » Le maire, lui, aurait préféré qu’il « diminue ses commandes ». De son côté, la gendarmerie a enregistré depuis le mois d’août une dizaine de plaintes, « souvent liées à des vols dans le magasin, devenu un libre-service, ou à des agressions » et elle espère que la raison l’emportera.
Avec près de 96 000 canettes arrivant chaque quinzaine, la vente d’alcool est certes intéressante d’un point de vue financier mais la responsabilité du commerçant s’arrête-t-elle à la sortie du magasin ? Sur cette question, les avis divergent.
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