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  Provinces > Province Nord > Koné - 22/11/2008    
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L’emploi au cœur des préoccupations
En lançant le supplément Emploi en janvier 2008, Les Nouvelles, via son service des annonces classées, a voulu « faciliter les échanges entre les différents acteurs de l’emploi en Nouvelle-Calédonie ». Le déjeuner-débat organisé à Koné, hier, s’inscrit dans cette même ligne.

Quels sont les particularismes du Nord ? Quels enjeux en termes d’emplois ? Quels freins ? C’est à toutes ces questions que devait répondre le déjeuner-débat organisé, hier, par Les Nouvelles calédoniennes, à l’hôtel Koniambo, à Koné. Un déjeuner-débat qui a tenu toutes ses promesses. Tant au niveau des interventions de professionnels qu’au niveau des échanges suscités par la présentation initiale. Le président de la province Nord retenu à Paris pour inaugurer la Maison de Nouvelle-Calédonie, c’est Laurent Le Brun, le directeur de la DEE, qui a lancé les débats au nom de la province Nord en parlant des défis qu’il s’agit de relever, à savoir, « que le développement ne profite pas qu’à la seule zone de VKP, mais à toutes les communes du Nord » et « que l’emploi et  l’entreprenariat soient accessibles au plus grand nombre ». Au fil des diverses interventions de Cap Emploi, loué pour « son professionnalisme », de la Mij, d’Adecco, du GSMA et du responsable des ressources humaines de KNS, l’assemblée disposera de toutes les informations nécessaires à son analyse finale. Que la province a mis en place des aides à l’emploi et d’accès à l’emploi. Que la difficulté de mettre en adéquation les offres d’emploi et les demandeurs d’emploi perdure malgré les différents programmes de formation mis en place par la province.

«Le plus difficile n’est pas de mettre en place une formation, mais de trouver les gens qui vont la suivre»

Que « le plus difficile n’est pas de mettre en place une formation, mais de trouver les gens qui vont la suivre ». Que la principale problématique du recrutement reste l’hébergement sur place. Des constats maintes fois avancés, mais étayés cette fois par des chiffres concrets - 900 millions de francs pour le programme de formation 2008, 680 stagiaires en 2007 pour la seule usine du Nord, 1 700 demandeurs reçus chaque mois par Cap Emploi, 233 nouvelles offres d’emploi pour le seul mois d’octobre - et par un témoignage, celui d’une jeune femme de Koumac qui résume à lui seul la conjoncture du Nord : « Pour se former, il faut aller à Nouméa et ce n’est pas facile parce que la vie y est chère. »
Hier, à l’hôtel Koniambo, la richesse du débat a tenu à la rigueur des discours. Pas de langue de bois. Pas de fioriture. Ici, ce n’est pas comme ailleurs. Il y a des particularismes culturels dont il faut tenir compte si l’on veut avancer. Il y a des freins récurrents qu’on ne peut ignorer. Alors, la volonté de recruter local est une réalité, mais une réalité dure à mettre en œuvre au vu de « la difficulté, selon Christophe Chalier, le secrétaire général adjoint de la province, à trouver des gens compétents et motivés pour venir en province Nord ».

  Nécessité d’adaptation culturelle 
Comme l’a fort bien résumé l’intervenant d’Adecco, « les freins aux recrutements sont à plusieurs niveaux ». Au niveau de la mobilité tout d’abord. Combien de candidats à l’emploi ne peuvent aller plus loin faute de véhicule personnel ou de transport collectif fiable ? Combien se trouvent condamnés à rester dans leur tribu faute d’hébergement sur leur lieu de travail ? Et puis, il y a les problèmes de compétences, de savoir-être, de communication et de notion même du travail. « Pour les Européens comme pour les gens de Nouméa, avoir un travail, c’est avoir un contrat. Dans le Nord, aller à la pêche ou aux champs, c’est aussi avoir un travail. » Soucieux de s’adapter à la population du Nord, Adecco a décidé de « prendre en compte systématiquement l’environnement du salarié potentiel » avant de lui proposer un emploi, d’aller à sa rencontre via le « job-car » itinérant et de lui appliquer les règles du football, « bien mieux connues que celles du travail ». En clair, il s’agit de préparer le futur travailleur au monde de l’emploi, à ses contraintes et à ses exigences. Car Adecco en est persuadué : le but pour beaucoup d’habitants du Nord n’est pas de travailler à temps complet, mais à temps partiel pour assurer certaines dépenses. Le tout est maintenant de trouver un équilibre entre les attentes de la population et celles des employeurs qui doivent faire avec la mondialisation.
Plusieurs intervenants dont Emmanuelle Kuhn, la directrice de Cap Emploi, se sont succédé à la tribune pour exposer la situation et les enjeux de l’emploi en province Nord.



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