| La violence caméra au poing |
Dans le cadre de leur option « audiovisuel », des élèves de 4e du collège Boulari réalisent un film documentaire sur la violence et le racisme dans leur établissement.
Le visage d’Aurore apparaît en premier. Face caméra, micro en main, elle se présente : « Je suis élève de la classe 401 au collège Boulari ». Elle est suivie de Vélonika, au ton plus grave : « Pour moi, la violence, ça ne sert à rien, sauf à rabaisser les autres personnes ! » Les deux jeunes filles et six autres élèves sont les acteurs et les auteurs des trois premières minutes d’un film documentaire réalisé pendant l’option « audiovisuel » de leur cursus de 4e insertion ou tremplin. Une option facultative pour ces élèves en difficulté dont l’objectif est de suivre une année en deux ans et dont certains seront en lycée professionnel.
Chaque mercredi depuis la rentrée des vacances de septembre, ils suivent les conseils des membres de l’association Solidarité par l’échange local (Sel), chargée par la mairie et le contrat local de sécurité qui en a fait une de ses actions, d’animer cet atelier image, en partenariat avec la Direction de la Jeunesse et sports.
Aujourd’hui, les apprentis cinéastes visualisent le résultat de leur travail en le diffusant à leurs camarades de classe qui n’ont pas choisi cette option. « Le thème de la violence a été suggéré par le contrat local de sécurité », précise Brigitte Schneider, la conseillière pédagogique d’éducation.
« On devait commencer en début d’année mais au dernier moment, l’intervenant s’est désisté. » « Il y a trop d’insultes entre Mélanésiens et Blancs, reprend Aurore dans le film. Je ne veux plus de conflits entre deux ethnies. Et le fait de répondre, ça ne fait qu’aggraver les choses. »
« Ça m’a fait du bien de dire toutes les choses que j’ai vues »
Bagarres, insultes... Dans ce collège, la violence se manifeste le plus souvent sous ces formes. Un thème difficile à aborder, pour ces élèves qui en sont les témoins, parfois aussi à la maison : « C’est dur d’aborder ce sujet dans la vidéo, quand ils nous demandent de témoigner. Mais ça m’a fait du bien de dire toutes les choses que j’ai vues ». « Je me suis reconnue dans ce qui a été dit, commente timidement Laura, qui n’a pas participé à l’atelier. Et ça m’a donné envie de me lancer avec l’année prochaine ! »
Car l’atelier image doit normalement être renouvelé au collège afin d’aboutir à un produit fini (lire ci-contre). « Car on ne sait toujours pas comment faire pour lutter contre la violence », lance l’un des élèves après la diffusion.
Reste à déterminer les angles de travail. « Il faut aussi penser à la construction du film, plus comme un reportage, penser à des images où l’on voit le collège, montrer des gens qui rentrent en classe, etc », assure Fabrice Faurre, de l’association Sel. « L’objectif serait de mettre quelque chose en place autour de l’éducation à la non-violence avec les jeunes. Pas seulement dénoncer la violence mais plutôt trouver des éléments de réponse. »
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