Après Koumac, l’école territoriale de musique envisage d’installer une annexe du conservatoire à Poindimié. Dans l’esprit, personne n’est contre. Mais l’association musicale Aïri Jawé, installée depuis dix-huitans dans le village regrette de ne pas avoir encore été associée au projet.
Au sein de l’association musicale Aïri Jawé, on a du mal à avaler la pilule. Depuis quelques mois, le Conservatoire de la musique, avec le soutien de la province Nord, envisage de construire une annexe à Poindimié. L’idée semble bonne, sauf que le village possède déjà une école de musique. Il s’agit d’Aïri Jawé, et pour l’instant, elle n’est pas associée à ce projet. « On nous a pris de court. Nous sommes là depuis plus de quinze ans et aujourd’hui il faudrait qu’on cède notre place au conservatoire qui a décidé de s’installer », peste Roger Pouityela, président de l’association musicale.
Du côté des formateurs comme des salariés, le malaise est palpable. « Nous ne sommes pas contre l’installation du conservatoire, mais nous voulons être associés au projet. Il n’y a pas vraiment de place pour deux structures ici », confie l’un d’eux. L’équation est simple : Aïri Jawé fonctionne principalement avec des budgets provinciaux, et si l’annexe du conservatoire est construite, il est probable que ces subventions lui reviennent. « C’est David contre Goliath, une petite association contre le conservatoire, nous n’avons pas les armes pour nous battre », résume Roger Pouityela.
Du côté de la province, Albert Sio, le directeur de la culture affirme « ne pas vouloir supprimer Aïri Jawé. Le gouvernement a émis la volonté de décentraliser le conservatoire et de créer une annexe sur la côte Est. Nous soutenons cette idée. C’est aussi une occasion de créer un véritable statut pour les intervenants d’Aïri Jawé. » Car pour l’instant, la plupart sont des patentés, voire « de faux patentés », selon la province.
« C’est David contre Goliath, une petite association contre le conservatoire, nous n’avons pas les armes pour nous battre »
En clair, certains ne travailleraient que pour l’association alors que leur statut leur impose d’avoir plusieurs employeurs. Si l’annexe du conservatoire est créée, les enseignants pourraient y être engagés. Mais pour l’instant, aucune négociation n’est à l’ordre du jour.
L’autre problème qui se pose est davantage philosophique. Selon les membres de l’association « le conservatoire n’a pas la même vision de la musique. Il nous arrive, par exemple, d’aller enseigner en tribu. Ce n’est pas eux qui feront ça », souligne l’un des adhérents.
Hier, le directeur du conservatoire était injoignable, mais la province Nord, par la voix d’Albert Sio, a souhaité répondre : « Le conservatoire a évolué depuis dix ans. Ils s’est largement ouvert à toutes les formes de musiques. »
Malgré ces points de désaccord, l’ouverture de l’école de musique est prévue pour 2010. La province Nord est en discussion avec la Sécal pour construire le bâtiment à côté de la médiathèque. Il reste donc une année pour définir les modalités de gestion. Et Aïri Jawé compte bien, cette fois, faire entendre sa voix.
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