Des habitants de la Pointe à la Dorade s’inquiètent de l’évacuation de leurs eaux usées vers une station d’épuration qui ne semble plus fonctionner. Suspectant un rejet sans traitement des effluents dans la mer sans traitement, ils portent plainte contre X pour pollution.
Des pieds de tomates poussent dans les bassins de décantation des boues. Le toit de la petite station d’épuration, en contrebas des premières habitations, juste à gauche du rond-point marquant l’entrée de la Pointe à la Dorade, tombe en ruine.
C’est bien ce qui inquiète certains des habitants de ce lotissement désormais inclus dans la future zone d’aménagement concertée de Dumbéa-sur-Mer. En particulier, Yves Quillien, l’un des premiers à s’y être installés, en 2005. Cet habitant à la retraite y a vu la station fonctionner, les boues remuées. Jusqu’il y a deux ans environ, date à laquelle la Pointe à la Dorade, alors lotissement privé de Charles Menaouer, entre dans le projet provincial de la future Zac, dont l’aménagement a été confié à la Secal.
Au terme de plusieurs mois de recherches, de rendez-vous, de courriers à la mairie, à la province et à Charles Menaouer, le retraité, accompagné de quelques autres habitants, s’apprête à porter plainte contre X pour pollution grave. Même s’ils n’ont pas de grosses preuves de pollution « visible », ils pensent que les eaux usées des maisons sont rejetées dans la mer sans traitement.
À la station d’épuration, trop petite par rapport au nombre de maisons actuelles, rien n’a l’air de fonctionner. Ce que confirment des employés de la société Epureau, chargée de l’entretien, venus changer l’un des automates en début de semaine. « Aucun effluent n’arrive à la station. Le problème semble venir de l’un des postes de relevage », explique l’un d’entre eux, confiant qu’il y a trois ans, des travaux d’extension étaient bien prévus avant d’être entièrement stoppés. « L’une des charges contractuelles de la société Dogo, société créée par Charles Menaouer pour ce lotissement, était la réalisation d’un réseau de collecte des eaux usées et d’une station d’épuration adaptés à 1 500 personnes, résume Yves Quillien. Le réseau a bien été installé, mais la station d’épuration a été conçue provisoirement pour 240 personnes et jamais étendue. Ensuite, la province aurait demandé à Dogo de faire les travaux pour se raccorder à la station d’épuration de Koutio. Mais je crois que cela n’a jamais été fait. Si cette station ne fonctionne plus depuis deux ans et si les eaux usées ne vont pas à la station, c’est donc qu’elles vont à la mer... » Quelques mètres plus loin, de drôles de résidus flottent dans un trou rempli d’eau qui s’évacue dans un ruisseau, lequel se jette dans la mangrove. Même chose du côté nord du lotissement, où des buses ont été installées aux abords de la mangrove.
« Si les eaux usées ne vont pas à la station, c’est qu’elles vont à la mer »
L’hypothèse du rejet brut dans la mer a été confirmée par le maire, Georges Naturel, qui a reçu, en septembre et la semaine dernière, habitants et membres de l’association du quartier. « Une grande partie serait rejetée dans la mangrove et nous sommes en train de le faire constater », confirme Yoann Lecourieux, son secrétaire général. Déjà l’ancienne équipe municipale avait émis des « réserves » quant à la réception du lotissement, en décembre dernier, et à la délivrance de sa conformité. Autrement dit, « les services techniques municipaux ont imposé des travaux de raccordement à la Step de Koutio à la société Dogo, à réaliser avant le 30 avril dernier. »
Laquelle répond que lesdits travaux ont bien été effectués et renvoie vers la Secal. « Tous les tuyaux sont en place, mais il y a des problèmes de calibrage des pompes de relevage. C’est pourquoi le raccordement à Koutio n’est toujours pas opérationnel, répond Vincent Silve, directeur de la Secal. Il y a toujours des discussions entre le lotisseur et la mairie. »
En attendant, les habitants n’ont toujours pas leur réponse quant à la destination de leurs eaux usées, principale motivation de la plainte : « Je n’accuse personne, assure Yves Quillien. Le but de cette plainte est tout simplement de savoir qui a en charge cette situation et qui va y remédier. Cette pollution doit cesser et vite ! »
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