Des élèves de sixième du collège de Katiramona ont planché tout au long de l’année sur un jeu éducatif voué à faire mieux connaître la faune et la flore calédoniennes. Un projet porté par une équipe pédagogique particulièrement dynamique.
Quelle quantité de déchets jetons-nous chaque jour ? Comment les fougères se reproduisent-elles ? Qu’est-ce que le periophtalme ? Toutes ces questions et des dizaines d’autres portant sur les écosystèmes locaux sont dans le Calédoquizz de Kati, un jeu éducatif sous forme de questions-réponses entièrement élaboré par les élèves d’une classe de sixième du collège de Katiramona.
Présenté lors du vernissage de l’exposition qui présente, depuis mardi, l’ensemble des travaux de deux classes du collège, le jeu est l’aboutissement d’un projet de longue haleine.
Les élèves sont particulièrement fiers du résultat. Une quarantaine de fiches plastifiées et reliées ensemble, avec questions au recto et réponses au verso, qui font la lumière sur la forêt sèche, la forêt humide, la mangrove, le maquis minier, l’eau, le feu ou les déchets.
A l’initiative du projet, Laëtitia Husson-Grimaud, professeur de sciences et vie de la terre (SVT), et Murielle Enrico, documentaliste. Le projet a requis un an en amont, pour trouver les financements de cette opération, soit un peu plus de 200 000 francs. Pour ce qui est de l’encadrement, « d’autres professeurs nous ont spontanément donné un coup de main, même quand ils n’avaient pas cette classe en cours », souligne la professeure. C’est notamment le cas de Pierre Grisoni, professeur d’éducation physique et sportive (EPS), qui a réalisé un petit film sur une des sorties effectuées dans le cadre de l’élaboration du jeu.
« Tout le monde nous demandait où on pouvait l’acheter »
En effet, tous les mardis après-midi de l’année, les élèves de sixième A ont eu, soit une sortie ou une conférence, soit un travail de recherche à effectuer sur internet ou sur document. « Au début, ce n’était pas facile, se rappelle Laëtitia Husson-Grimaud. Fraîchement arrivés au collège, ils ne comprenaient pas tout, et il y avait des frictions entre certains élèves ». Mais semaine après semaine, ils ont appris à se connaître. Et, conscients de la chance qu’ils avaient par rapport aux autres classes, de « travailler en courant partout et en s’amusant » dixit Corentin, les jeunes se sont réellement approprié le projet.
Le plus dur ? Pour William, c’était de « faire les questions et de les taper à l’ordinateur » . Pour Tess, c’était plutôt de « prendre des notes sur place pendant les sorties ». Mais le jeu en valait la chandelle. A l’unanimité, le meilleur moment était la sortie consacrée au lagon. Une journée pour découvrir le sentier sous-marin de l’île aux Canards et visiter l’aquarium. « Trop choc », commente Ingrid dans un sourire.
Au total, six cents questions ont été dégagées de ces sorties et des interventions extérieures, pour que, finalement, 190 d’entre elles figurent dans le quizz. Et puis, la semaine dernière, 1 200 pages ont été imprimées, découpées et plastifiées pour que chacun des 28 élèves puisse organiser, à la CPS, le Calédoquizz, qui a rencontré un énorme succès.
« Tout le monde nous demandait où on pouvait l’acheter », se réjouit William. La prochaine étape pourrait donc bien être de commander une relecture scientifique et de trouver un éditeur pour diffuser plus largement cet outil ludo-pédagogique.
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