| « S’ouvrir aux autres communes » |
Depuis deux ans, le comité omnisports de Païta (COP) organise un challenge sportif tous les soirs durant l’année scolaire, pour des jeunes âgés d’au moins 13 ans ainsi que pour les adultes. Que ce soit au volley, au futsal, au rugby ou au foot à 11, l’action du COP a surtout une vocation sociale. Bilan avec son secrétaire, Albert Wahéa, également président de l’union du futsal de Païta.
Les Nouvelles calédoniennes: Quel bilan tirez-vous des deux années du comité omnisports ?
Albert Wahéa : Le bilan est plutôt satisfaisant. Notamment en futsal où nous enregistrons en cette fin d’année près de 271 licenciés, soit une quinzaine d’équipes dont deux ou trois féminines. Cette année, nous n’avons aucun problème de discipline, aucune équipe n’a été éliminée pour mauvais comportement.
Au-delà de l’aspect sportif, avez-vous pu mesurer l’impact de vos actions dans les quartiers ?
Oui. Déjà quand il y a des filles qui jouent, cela calme les garçons! Nous avons surtout des règles strictes mais pas de contraintes : tu viens, tu joues. Mais il est, par exemple, interdit de boire ou de fumer du cannabis, sinon l’équipe est dissoute. Les participants doivent aussi se montrer respectueux envers les jeunes mais aussi les aînés qui, du coup, doivent montrer l’exemple. L’un de nos objectifs est de faire se côtoyer des jeunes et des adultes pour qu’ils créent des liens. Et puis, ce qui nous fait plaisir, c’est que nos joueurs sont aussi bien des Mélanésiens que des Wallisiens qui n’hésitent pas à se mélanger. Ce qui est important pour nous, c’est que les jeunes ressentent du plaisir à échanger avec les autres, quelle que soit leurs différences et de l’accepter comme ils sont. Nous avons aussi deux ou trois équipes issues des tribus. Notre président, Lionel Païta, a vu émerger une équipe de La Tamoa des moins de 13 ans, l’équipe de Kenu. Ce sont des joueurs qui font le spectacle et qui attirent tout le monde. Pour lui, c’est une belle image de réussite.
Quels sont vos projets pour l’année prochaine ?
Ce serait d’ouvrir le challenge à tous les quartiers du Grand Nouméa comme on l’a fait cette année avec Dumbéa. Et puis, nous aimerions monter une équipe de volley-ball féminine issue de tous les quartiers. Nous voudrions aussi créer un échange sportif avec la province Nord. C’est important pour nous, car le COP est affilié à la fédération Sport pour tous, dont le siège est à Koné. Cela nous permettrait d’aller en tribu et d’échanger. A long terme, notre président aimerait décentraliser le futsal dans les tribus qu’on équiperait d’infrastructures. Enfin, il faudrait réfléchir à comment occuper les jeunes des tribus pendant les vacances scolaires. Car le challenge qui s’est achevé fin octobre ne reprendra qu’en mars. Cela fait donc une grosse coupure.
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