| Le dragage de Vavouto commence en juin |
Avant de construire le port indispensable à la construction de l’usine du Nord, Koniambo Nickel doit d’abord creuser un chenal. Le sujet inquiète la population locale. KNS se veut rassurant. Les travaux commencent début juin.
5 km de long, 150 m de large, 13 m de profondeur. Les mensurations du futur chenal de la baie de Vavouto laissent rêveur. Et inquiètent les habitants de la zone. Alors, pour rassurer tout le monde, Koniambo Nickel SAS organise des réunions d’information. En interne et en externe. « Pour creuser un chenal, il faut draguer les fonds marins, explique Sylvain Capo, coordinateur environnement de KNS. Afin de limiter au maximum les impacts de cette opération, nous avons choisi parmi onze options celle qui a le moins de conséquences sur le corail et qui présente le moins de risques en termes de navigabilité. »
Les travaux ont été confiés à la société belge Jan de Nul, connue et reconnue pour ses compétences en la matière. Concrètement, quatre bateaux principaux sont mobilisés pour extraire les quelque huit millions de mètres cubes de sédiments qui reposent actuellement dans le lagon : une drague aspiratrice, une drague excavatrice (préférée à une drague à tête foreuse connue pour provoquer de nombreuses projections), et deux barges à fonds ouvrants.
La première, appelée aussi drague à élingue traînante, est équipée d’une tête pour racler les fonds marins et récolter les sédiments meubles. « Elle aspire en une seule fois l’équivalent du contenu de 250 camions de rouleurs », souligne Sylvain Capo. La seconde drague dispose d’un godet d’une capacité de 40 m3 et est maintenue en position fixe, en cours d’opération, par trois pieux fichés sur le fond marin. Utilisée essentiellement pour enlever les matériaux lourds, elle va effectuer 70 % des travaux de dragage.
« La drague aspire en une seule fois l’équivalent du contenu de 250 camions de rouleurs »
Les déblais recueillis par ces deux gigantesques machines seront déversés dans les barges à fonds ouvrants, des bateaux de près de 100 m de long et d’une capacité de 3 700 m3, qui largueront leur chargement dans la zone dite de dépôt de sédiments. Cette zone est située au large, à 5,7 km du récif et à 11,5 km de la pointe de Gatope, sur des fonds de 1 000 à 1 500 m de profondeur. Elle s’étale sur un kilomètre carré et a la particularité d’avoir des sédiments ayant quasiment les mêmes caractéristiques que ceux du chenal.
Divers navires et installations travailleront en soutien durant toute la durée des opérations prévues pour dix-huit mois, 24 heures sur 24, sept jours sur sept. Un bateau spécialisé dans les relevés bathymétriques vérifiera que le chenal fait bien 12 mètres de profondeur. Un navire remorqueur aidera les plus grosses unités à manœuvrer tandis qu’un bateau de navettes sera chargé de transporter le personnel. Enfin, un bateau dédié à la surveillance de l’environnement, équipé de tous les appareils de mesure nécessaires, surveillera l’évolution du lagon pendant les opérations de dragage. Voilà pour le matériel et pour la méthodologie. Concernant les équipes, soixante-dix personnes, dont dix pour la partie administrative, travailleront sur ce chantier. Parallèlement aux opérations de dragage, divers programmes de surveillance vont être ou intensifiés ou mis en place. Par le biais de la centaine de stations sous-marines de suivi biologique qu’elle a déjà fait installer, la société KNS entend suivre la santé du corail, la qualité des herbiers, l’évolution des mammifères marins et des poissons… De son côté, le sous-traitant va surveiller en continu et quotidiennement la turbidité et la mesurer, notamment dans les panaches sédimentaires. Un plan d’urgence maritime a par ailleurs été conçu pour prévenir les déversements accidentels d’hydrocarbures.
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