L’idée est lancée. Doté d’une « unité pilote pisciculture » dans le Nord, le projet d’un « laboratoire de Pays » bénéficie de l’éclairage de spécialistes réunionnais. À terme, le développement de nouvelles filières aquacoles est visé.
La volonté est affichée, semble-t-il. Germe, aujourd’hui, le projet « Laboratoire de Pays ». « L’objectif de cette démarche est de doter la Nouvelle-Calédonie d’un outil d’application et d’expérimentation polyvalent en aquaculture marine, nécessaire au développement de nouvelles filières de production aquacoles, dont la pisciculture », note la province Nord.
L’idée remonte, certes, à l’année 2000, mais la première phase a visiblement « consisté à réaliser les études de faisabilité préalables à la réalisation ».
La vocation d’une telle mesure reposerait sur deux piliers, selon la maison de Paul Néaoutyine : « mettre en œuvre un programme pluriannuel de recherche/développement » et « assurer le transfert des techniques et des résultats au secteur privé ».
Qu’est-ce donc ? Primo, une « unité pilote pisciculture » constituerait « l’ossature » de ce « laboratoire ». Secundo, un espace annoncé polyvalent ou pôle « diversification » sera destiné à « accueillir d’éventuelles autres initiatives privées ou publiques à petite échelle », ainsi que « des parties communes (parkings, bureau, base vie…) ». Le site sera posé sur la presqu’île de Foué, à Koné, à proximité du Département aquacole de Calédonie (DAC), dédié à la crevette.
« Il y a du potentiel » en Calédonie
L’aquaculture étant un des thèmes inscrits dans la convention cadre de collaboration entre la province Sud, un des partenaires de l’opération, et La Réunion, le projet bénéficie d’un retour d’expériences de collègues pratiquant sur l’île de l’océan Indien. Cet éclairage porte sur « la création d’un centre de recherche/développement, les statuts pouvant gérer ce type de structure, la composition de l’équipe de cadres, les éventuelles contraintes rencontrées, l’organigramme, le dispositif financier »… énumère Pierre Bosc, directeur général de l’Arda, l’Association réunionnaise de développement de l’aquaculture, en visite il y a peu sur le territoire.
L’île Bourbon dispose, en effet, d’un centre d’expérimentation accompagnant le développement des activités aquacoles sur le poisson marin mais aussi d’eau douce. Le projet prendrait ici la forme, à terme, d’une « partie à terre » pour l’écloserie et la nursery, dans la zone de Koné, ainsi qu’une ferme pilote du côté de Poum dans des baies abritées.
Seraient là ciblés, le rouget de palétuvier et différentes variétés de loches, espèces destinées à un marché à l’exportation.
D’après Pierre Bosc, « il y a du potentiel » en Calédonie, vu la surface du territoire, la qualité de son lagon, ou encore au regard de « la croissance économique notable, de l’expérience dans la filière crevette » et vu les larges possibilités d’exportation qu’offrent les pays environnants, gros consommateurs de poissons. Tous les acteurs doivent maintenant s’entendre sur les modalités du passage à l’action.
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