Il y a une semaine, des habitants du lotissement Tonazi, au Vallon-Dore, ont découvert un obus au milieu des palétuviers. Les militaires du Nedex sont intervenus pour procéder à sa destruction, comme en novembre dernier, au cours d’une vaste opération de déminage.
Cela peut paraître exceptionnel, mais c’est loin de l’être. Hier, les militaires du Nedex, des spécialistes de la neutralisation d’engins explosifs, sont intervenus à l’aide des gendarmes au Vallon-Dore. Dans les palétuviers de la mangrove devant laquelle il passe tous les jours, Clothaire, un habitant du lotissement Tonazi, a découvert un obus, il y a environ une semaine. Et ce n’est pas la première fois.
Car une opération de déminage avait déjà été organisée le 23 novembre dernier, au même endroit. Ce jour-là, les militaires ont détruit pas moins de 534 munitions de 12,7 mm, celles qui ont servi aux
mitrailleuses américaines de la Seconde Guerre mondiale, ainsi qu’une vingtaine d’obus de 20, 30 et 40 mm. « Des obus de ce type de munitions, on en trouve partout tout le temps en pleine nature en Calédonie », assure le commandant Martial Goby, officier Nedex régional des Fanc. Rien d’étonnant quand on connaît l’ampleur de la présence américaine sur le Caillou. Mais s’ils paraissent vétustes en apparence, cela n’enlève rien à leur dangerosité (lire encadré). Ce qu’a mal mesuré Clothaire, croyant bien faire et qui, pour protéger ses enfants, a commis l’erreur de déplacer l’obus retrouvé, tout près de sa maison. Un drame aurait pu très vite se produire. Face à cette nouvelle trouvaille, les spécialistes ont donc choisi, hier, de détruire sur place cet obus de 40 mm « beaufort ». Cette pièce d’artillerie antiaérienne utilisée pendant la Seconde Guerre mondiale a été détruite par enfouissement.
« Des obus de ce type de munitions, on en trouve partout tout le temps en pleine nature en Calédonie »
En novembre, la même option avait été choisie. « Les obus étaient dans un état avancé de détérioration, précise l’adjudant chef Dominique Rémy, chef du groupe d’intervention du Nedex. Ils ne pouvaient donc faire l’objet d’un déplacement sur route. Nous sommes donc allés sur une zone adaptée un kilomètre et demi plus loin environ. Là, nous avons placé les obus dans un fourneau sous terre pour empiler les munitions. Puis, nous les avons couverts de matière explosive pour écrasement complet des munitions et limiter la dangerosité due aux éclats. » L’obus retrouvé par Clothaire a très bien pu s’enfoncer tout seul au moment de la fouille précédente ou bien être « oublié par le Nedex au cours de la recherche de surface » en fin d’année dernière. Ou être replacé par la suite ?
Car l’histoire ne dit pas non plus précisément comment toutes ces munitions sont apparues dans la mangrove. Non loin du lotissement Tonazi, un camp américain avait été établi. Une batterie côtière avec des canons de 255 longue portée ptotégeait le côté mer. Les GI’s ont-ils enterré des munitions qui ont refait surface naturellement, comme c’est souvent le cas en Métropole? L’hypothèse est parfaitement plausible. L’autre supposition, c’est qu’un particulier ait voulu s’en débarrasser. Possible également. Mais il vaut mieux appeler les forces de l’ordre au lieu de les jeter dans la nature.
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