Le parti villiériste a refait surface, hier, pour livrer son analyse des dix ans de l’accord de Nouméa. Son leader, Claude Sarran, considère l’indépendance comme une catastrophe inévitable, si rien ne change lors des prochaines provinciales.
Sans élu, et avec seulement une quinzaine de membres cotisants, «on n’est rien», reconnaît volontiers Claude Sarran, ancien leader du Front calédonien, du Mouvement pour la France depuis une dizaine d’années.
Cela n’empêche pas la structure villiériste d’avoir un avis, une lecture de l’histoire et une vision de l’avenir «qui plaisent bien à certains jeunes, même s’ils sont dans d’autre partis».
Pour «amener les gens à se positionner le mieux possible», Claude Sarran et Michel Boyer ont donc livré à l’opinion publique, hier, leur réflexion sur les dix ans d’accord de Nouméa. Un accord «signé dans la précipitation et le secret», dont le MPF rejetait déjà le contenu à l’époque. Depuis, le constat ne s’est pas adouci.
Premièrement, les signataires de l’époque n’ont plus de légitimité. Une tape pour l’Avenir ensemble («c’est plutôt mourir ensemble»), une autre pour le FLNKS (un parti «promoteur d’une société fondée sur l’apartheid»). L’UMP ? «C’est de Gaulle en Algérie». L’Etat ? «Il avait le devoir d’être impartial, il ne l’a pas respecté.» Bref : l’accord de Nouméa «reste un contrat vers l’indépendance».
«En province Sud, on est chez nous»
Car, à court terme, la vision de l’avenir du MPF est sombre. Avec les transferts de compétences, «on nous éloigne à chaque fois un peu de la France», sans que les loyalistes élus n’y fassent grand-chose. En plus, le MPF assure que les indépendantistes seront majoritaires en 2014, davantage encore en 2018. Alors, «oui, nous sommes d’accord avec un référendum [rapide], nous l’étions déjà en 1998».
En attendant, «l’intérêt de la Calédonie française commande une attitude de résistance active face à l’avancée des indépendantistes».
En plus du risque institutionnel, Claude Sarran anticipe un risque physique pour les Calédoniens, qu’il impute directement à l’accord de Nouméa. Le «système inégalitaire» du rééquilibrage a échoué, constate-t-il. «En 18 ans, la province Sud a sécrété pour nos camarades [des autres provinces] plus de 400 milliards (1). Pour quel résultat ? Pour qu’on accueille encore ces gens (...) La promiscuité amène les mauvais résultats scolaires, la délinquance (...) des jeunes drogués au cannabis, alcoolisés, désorientés. Dans notre province, on est chez nous. Et je le dis avec lucidité : on est en danger. Les politiques ont abandonné les Calédoniens aux meutes qui [nous] ont envahis.»
Que faire, alors ? «On va attendre de voir quelle option prennent les Calédoniens. Après 2009, il sera trop tard. Nous ne serons pas des moutons sacrifiés. On appelle tout le monde à la lucidité, à la mobilisation, au rejet et au combat.»
(1) Allusion à la clé de répartition des crédits de fonctionnements alloués par le gouvernement aux provinces. Cette clé est défavorable au Sud, qui touche 50 % des crédits pour 72 % de la population.
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