Depuis janvier, le palais de justice de Nouméa est doté d’un portail de sécurité. En six mois seulement, une centaine d’objets métalliques ont été récupérés. Une lame de fond, qui va du coupe-ongles au couteau de cuisine, en passant par le tournevis.
Il faut bien l’avouer : au départ, l’espèce de tunnel en plastique gris a surpris tout le monde. Début janvier, le hall d’entrée du palais de justice accueillait un détecteur de métaux, accompagné de deux agents de sécurité présents en permanence.
Le temps où il suffisait de pousser deux portes était révolu, cédant la place à l’ère de la file d’attente et des sacs ouverts en grand.
« Inutile », a pensé (et parfois dit) une partie du personnel judiciaire. « Pas pratique », ont remarqué les spectateurs des grands procès d’assises, obligés de vider leurs poches après chaque cigarette fumée sur le perron.
Six mois ont passé, et le bilan de l’équipement a fait mentir les pronostics. Les objets confisqués ne tiennent pas dans deux gros cartons. Pas loin d’une centaine de pointes ou de lames ont été découverts, soit « un ou deux par jour ».
« Beaucoup de femmes et de jeunes filles »
« Vraiment, on ne s’attendait pas à cela, lance Jean-Marc Sterne, agent de sécurité à la société Sphinx. Les gens pensent qu’on est là pour les embêter, qu’on les fait attendre pour rien, mais il faudrait qu’ils voient ça. » Devant le vigilant, un tas de couteaux, poignards, ciseaux, rasoirs… Et même un bout d’extincteur reconverti en poing américain. Juste la moisson des dernières semaines, puisque le stock part régulièrement au pilon.
« On ne les rend pas, désolé, c’est la consigne », précise Micka Tini, le second agent. Si vous devez vous rendre au tribunal, veillez donc à vider vos poches et vos sacs de tout objet coupant ou piquant. S’il est découvert sur vous au niveau du portail, il sera perdu. Pas si vous le laissez dans la voiture, par exemple.
À entendre parler les deux professionnels, ceux qui viennent au palais armés ne sont pourtant pas des Rambo. Loin de là. « Il y a un peu de tout, mais beaucoup de femmes et de jeunes filles, poursuit Micka Tini. Elles ont ça dans leur sac, c’est pour se défendre. Maintenant, je leur conseille d’acheter des bombes lacrymogènes. »
« Le pire, c’était ce poignard de 35 centimètres, dans un sac à main », complète Jean-Marc Sterne en mimant l’objet entre ses mains.
Jamais, heureusement, une confiscation ne s’est accompagnée de menaces, « à part les insultes mais ça, c’est du vent », sourit Micka Tini. Des coups, pourtant, le portique en a déjà pris. Durant un procès, le frère d’un prévenu avait balancé un extincteur sur la machine, depuis le premier étage. Le lendemain, il était réparé. Pas si inutile que ça, apparemment…
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