En quatre mois, trois personnes se sont mystérieusement volatilisées en Calédonie. Face à l’inquiétude des proches, les enquêteurs ont exploré toutes les possibilités : disparition volontaire, accident, crime, acte de détresse… Les familles, elles, attendent des réponses.
Ils s’appellent Jean-François Tardy, Jean-Christophe Toura et Marie-Claire Renson. Ils ont entre 26 et 45 ans. Et ont disparu sans donner de nouvelles. A priori, rien d’inquiétant puisque la loi autorise toute personne majeure à ne plus donner signe de vie. Toutefois, les déclarations faites par l’entourage laissent à penser qu’il s’agit de disparitions inquiétantes.
La première remonte au 11 février, à Nouméa. Jean-François Tardy, 45 ans, quitte son domicile du 6e km pour se rendre à son lieu de travail, l’entreprise Kheops, basée à Normandie. Depuis, plus une trace du quadragénaire. Des témoins affirment l’avoir vu sur le secteur de la Foa mais l’enquête menée sur place ne révèle rien.
Le 5 mars, c’est Jean-Christophe Toura, 26 ans, qui s’éclipse à son tour dans la région de Thio. Le jeune homme part de la maison avec 5 000 francs en poche. Des personnes disent l’avoir vu marcher, quelques kilomètres plus loin, en direction de Nouméa. C’est là qu’il est vu pour la dernière fois. Pour la famille, ce silence est d’autant plus étrange que Jean-Christophe « ne part jamais très longtemps de la maison ». La gendarmerie est alertée, les parents effectuent des recherches à pied dans les alentours. Sans succès. Son corps est-il caché quelque part dans la nature ? A-t-il trouvé refuge dans un squat à Nouméa ? Impossible à dire. La végétation est dense et les indices manquent cruellement. Seul élément : la personnalité de Jean-Christophe, décrit comme un garçon « timide », « solitaire », qui « ne parle pas beaucoup ».
« On est face à un mur »
Quatre jours plus tard, la disparition de Marie-Claire Renson, 41 ans, près de la plage de Bouraké, est signalée à la gendarmerie. Au cours de la soirée, une dispute aurait éclaté entre cette jolie quadragénaire et son compagnon, alors qu’ils se trouvaient dans la maison secondaire de ce dernier. « Une dispute sans intérêt », selon son ami. Marie-Claire Renson serait alors partie en direction de la plage, avant de disparaître complètement. Seules quelques affaires ont été retrouvées le lendemain près du bord de mer. Depuis trois mois, son compagnon dit être « en permanence en train de chercher sur terre, en mer, sous l’eau ». En ces moments difficiles, ces recherches sont parfois l’unique moyen de garder un lien avec la personne disparue. De ne pas perdre espoir.
La gendarmerie, de son côté, poursuit ses investigations. Mais le secret de l’enquête implique de ne rien divulguer, même à l’entourage de la victime. « On est face à un mur », confie l’ami de Marie-Claire. Difficile aussi, dans ces conditions, de garder espoir ou de faire son deuil. Aujourd’hui, la famille de la disparue fait part d’une seule volonté : qu’« on (lui) apporte des réponses ».
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