L’envolée des cours du nickel a accéléré la production d’aciers inoxydables à basse teneur en métal. Ces produits de substitution « bon marché » pourront-il un jour détrôner le roi nickel ?
Depuis longtemps, les sidérurgistes indiens, Jindal Steel en tête, ont mis au point des aciers inoxydables bon marché sans (série 400 ferritique) ou à faible (série 200, jusqu’à 4 % de nickel) teneur de nickel. L’envolée des cours du nickel vers les 50 000 dollars a bien sûr accéléré la production de ces types d’inox acier pour les applications de bas de gamme, comme les couverts ou les ustensiles de cuisine, qui ne nécessitent pas les qualités spécifiques anticorrosion apportées par les inox austénitiques à haut nickel (série 300, à 8 % de nickel). Problème, ces inox 200 deviennent gris lorsqu’ils passent au lave-vaisselle, ce que ’apprécient pas les nouvelles classes moyennes d’Inde ou de Chine.
Des substituts aussi résistants ?
Toutefois, pour certaines applications exigeantes – superalliages, chimie, environnement très corrosif –, la substitution est impossible, bien que le premier producteur mondial d’inox, le Suédois Outokumpu a de son côté développé ses aciers duplex qui peuvent remplacer les aciers austénitiques, à forte teneur en nickel, dans des applications aussi exigeantes que la dessalinisation de l’eau de mer. L’aciériste sud-coréen Posco a également mis au point des inox à faible teneur en nickel, mais avec des qualités similaires pour certaines applications.
De plus, les métaux utilisés dans les alliages de substitution – molybdène, manganèse, chrome – ont subi une spectaculaire hausse des prix provoquée par l’augmentation de leur demande. Cette hausse est d’ailleurs accélérée pour le chrome en raison des pénuries d’électricité en Afrique du Sud, le principal pays producteur. L’an dernier, Jim Lennon de Macquarie Research, estimait déjà que le mouvement de substitution des qualités 200 et 400 vis-à-vis des qualités 300 touchait à son maximum. Et effectivement, les séries 300 se maintiennent à hauteur de 64 % de la demande d’aciers inoxydables, un seuil qui devrait être consolidé par le retour du cours de la tonne de nickel sous les 25 000 dollars.
Enfin, près d’un tiers de l’offre globale de nickel est représenté par le recyclage des déchets d’inox. Une part qui avait augmenté avec l’envol des cours du nickel qui avait entraîné celui des prix des scraps.
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