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  Dossier > Nickel 2008 - 03/07/2008    
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Tous les articles du dossier : Nickel 2008

« Nous arrivons dans une période clé »
Les Nouvelles calédoniennes : Combien d’hectares ont-ils déjà pu être revégétalisés sur le territoire ?
Jean-Sébastien Baille, chef du service des Mines et Carrières à la Dimenc : Sur l’ensemble de la Nouvelle-Calédonie depuis 1971, le cumul de la revégétalisation des anciennes mines (plantation manuelle et semis hydraulique) opérée par les sociétés minières ou les collectivités (dispositif 104 et province Sud) représente 389 hectares pour environ 1 million de plants.
Depuis 1989, le dispositif de la délibération 104 a permis de traiter 53 ha environ avec 126 000 plants. C’est peu a priori, mais c’est énorme en termes de temps et de coûts. Par ailleurs, il ne faut pas oublier que ce dispositif fonctionne si les sociétés dégagent des bénéfices, et donc si le marché du nickel se porte bien, ce qui n’a pas toujours été le cas, notamment au cours de la décennie 90. Actuellement, les cours sont bons et chaque comité est alimenté. En 2007 par exemple, 412,5 millions ont été versés aux communes dans le cadre de la délibération 104, et on s’attend à approcher 500 millions en 2008.

20 ans et seulement 53 hectares… on a tout de même l’impression que ça ne décolle pas, non ?
Nous devons faire face à deux réalités : une réalité de terrain et une réalité économique. De plus, à l’époque, nous n’avions pas une vision claire de la surface impactée. Il a fallu créer les comités, investir dans des états des lieux, définir des zones prioritaires puis engager les actions concrètes en fonction des moyens disponibles.
Je rappelle qu’entre 93 et 99, il n’y a eu aucun versement des entreprises.
Par ailleurs, il faut oublier que réhabiliter ne se limite pas à replanter. La phase la plus importante, souvent occultée mais qui représente la plus grosse part des budgets, concerne les voies d’accès et la gestion des eaux de ruissellement. Il faut en effet rendre une distribution des écoulements conforme à la distribution originelle, en respectant le débit capable de chaque talweg, le tout en luttant contre les particules en suspension avant que la végétation ne reprenne ses droits, Tout cela nécessite des études, des calculs et des aménagements (barrages, décanteurs, déversoirs, canal de déviation) très onéreux. Plus de la moitié des budgets sont engloutis par ces travaux préalables indispensables. Les surfaces à réhabiliter sont encore très importantes et nécessiteront une bonne organisation, et encore beaucoup d’argent.   
 
Avez-vous des problèmes de fourniture en graines notamment ?
Oui, il a fallu orgaiser la filière, identifier et sélectionner les plantes, comprendre leur germination, leurs associations, avant d’être en mesure de proposer les formules gagnantes. Ensuite il a fallu organiser les collectes de graines sur le terrain, aux périodes favorables, puis créer des pépinières. Certains ont tout simplement choisi d’investir dans la création de serres.  De plus, les techniques actuelles restent à améliorer. Chaque méthode à ses avantages et ses inconvénients.
La plantation est certainement la méthode qui présente les meilleurs succès, mais il ne faut pas pour autant négliger les avantages de l’hydroseeding. Nous sommes dans une période clé où il faut absolument encourager et poursuivre les recherches et l’expérimentation. Par exemple, l’IAC, sur financement de l’Union Européenne (8ème FED), travaille activement à la recherche des meilleures techniques.

Sur le terrain, quelles sont les pressions qui pèsent sur la revégétalisation ?
Heureusement en Nouvelle-Calédonie, on ne peut pas parler de pression anthropique. Par contre, nous devons faire face à la pression des animaux (cerfs notamment) qui aiment particulièrement les jeunes pousses tendres et bien vertes, c’est-à-dire les graminées, que nous plantons en premier. Certaines mines ont résolu le problème à court terme en plaçant des barrières électriques.

La revégétalisation coûte de l’argent. Elle est, au moins sur le long terme, bénéfique pour la nature, l’est-elle pour l’homme ?

La réponse par l’affirmative me semble évidente sur le long terme. Maintenant, sur le court et moyen terme, la révégétalisation permet de stabiliser les terrains, de préserver la ressource en eau, et donc d’améliorer rapidement les conditions de vie alentour. D’un point de vue économique, les retombées sont également importantes (études et travaux) et de plus, localisées. J’aurais même tendance à penser que cette distribution est à peu près équitable au niveau provincial.

 

Jean-Sébastien Baille, chef du service des Mines et Carrières à la Dimenc

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