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  Dossier > Nickel 2008 - 03/07/2008    
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Tous les articles du dossier : Nickel 2008

Relations communautaires : le délicat équilibre
Les temps ont changé : les industriels sont désormais obligés d’intégrer les populations locales dans la gestion d’un projet sur le long terme.?À défaut, ils sont confrontés à la colère des riverains qui n’hésitent plus à recourir à la violence.

En 2003, Raphaël Mapou et plusieurs coutumiers du Sud calédonien étaient revenus énervés d’un voyage à Toronto et dans le nord canadien. Là-bas, ils avaient appris, par des avocats spécialisés dans la défense des droits autochtones, qu’Inco (maison mère à l'époque de Goro Nickel) avait octroyé des dizaines de millions de dollars aux Inuits directement concernés par son chantier de Voisey’s Bay dans le Grand Nord. L’accord avait été tenu secret par Inco. Une pratique habituelle. La firme de Zoug, Xstrata, peu renommée pour sa générosité, vient elle-même d'accorder 32,6 millions de dollars aux populations locales situées dans le voisinage de son site nickélifère de Raglan, également au Canada. Une pratique en vigueur aussi en Australie, où les grandes sociétés minières assurent la construction et l'entretien des routes, des écoles et des hôpitaux dans les zones où ils exploitent des mines.

Manifestants emprisonnés


Cette amélioration des relations entre sociétés minières et populations locales ne s’est pas produite sans conflits, au contraire. Aujourd’hui encore, un mouvement de protestation en Ontario contre l’ouverture d’une nouvelle mine de platine a entrainé l’arrestation et l’emprisonnement de six manifestants. Une tactique de confrontation jugée plus efficace que de longues négociations. Notamment dans un État, l’Ontario, où le gouvernement refuse de modifier une loi minière datant de plus de 100 ans, et qui ne prévoit pas de consulter les habitants avant de creuser des mines sur leur territoire. Mais si les conflits entre les populations, les entreprises minières et les autorités entraînent des actions essentiellement symboliques, avec un niveau de violence limité dans les pays développés (où la prise en compte de l’existence des peuples premiers est passée dans les faits), la situation est bien différente dans d’autres pays.

L’exigence de compensations


En Afrique, dans certains pays d’Amérique latine et d’Asie, les conflits avec des populations qui refusent la remise en cause de leur mode de vie, sont encore d’une grande violence. En Papouasie Nouvelle-Guinée et en Indonésie (où se trouve Weda Bay, le gisement prometteur acheté par Eramet), les affrontements se cristalisent autour des questions de l’environnement et de l’emploi font encore de nombreuses victimes. Au Brésil, des heurts plutôt symboliques – des Indiens Xikrin, avait occupé une ville minière en 2006 –  avec le géant minier Vale, semble se résoudre par la négociation, les tribus réclamant avant tout une augmentation des compensations qu’ils reçoivent, en échange de l’exploitation de richesses situées sur leur zone d’habitation.
Ils puisent également, avec plus ou moins de succès parmi les populations locales pour se procurer la main-d'œuvre nécessaire au fonctionnement de leurs mines et usines. Au Canada, les Inuits ayant reçu une formation d'électricien préfèrent cependant un travail saisonnier dans les grandes villes du sud, plutôt qu'un emploi à plein-temps dans les mines. En Russie, le problème ne s'était pas posé. C'est le travail obligatoire du Goulag qui avait peuplé la ville de Norilsk pour alimenter les mines et les usines de traitement du conglomérat Norilsk Nickel.

 

Dans le Nord du Brésil, autour de son centre minier, Vale dit rechercher « des moyens d’auto suffisance » pour les communautés, par exemple en contribuant à la mise en place de petites structures économiques. Photo : Yann Mainguet

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