Les quatrièmes Nuits de la chauve-souris battent leur plein. Le week-end dernier, il fallait se rendre à Gohapin
pour observer des roussettes. L’occasion aussi, pour les cent trente curieux, de faire connaissance avec cette tribu de la chaîne.
Imaginez Gohapin, une petite tribu tranquille posée dans la chaîne à quelques encablures de Poya. Imaginez l’ambiance… la tranquillité.
Le week-end dernier, changement radical d’atmosphère : cent trente personnes débarquent de Nouméa ! Quelle mouche les a piquées pour qu’elles se déplacent si nombreuses, si loin de la capitale ? « C’étaient Les Nuits de la chauve-souris ! » lance Hélène Bucco, du bureau WWF de Nouvelle-Calédonie, en charge de l’organisation des festivités à Poya. « C’est la troisième année que nous travaillons avec cette tribu, c’est toujours très agréable. »
Au programme, bien sûr, l’observation des roussettes. Mais pas seulement. Si la tribu de Gohapin a été choisie pour recevoir cette étape des quatrièmes Nuits de la chauve-souris, ce n’est pas seulement pour ses paysages ou pour sa proximité avec les nids de roussettes, c’est aussi, et surtout, pour son sens de l’accueil.
Édouard Poirin-Hibou est guide depuis cinq ans. Il ne voit pas du monde tous les jours venir le solliciter pour des balades. Alors, lorsque les cent trente touristes sont arrivés, oui, ça faisait beaucoup de monde, mais « ça m’a fait très plaisir de pouvoir leur parler de l’histoire de notre tribu. De leur expliquer que le nom Gohapin veut dire, en langue, « qui dure dans le temps ». Et surtout, je suis content d’avoir pu montrer que la Nouvelle-Calédonie, ce n’est pas que Nouméa. »
En effet, au-delà de la sensibilisation aux dangers qu’encourent actuellement les roussettes, pourtant jardinières des forêts - elles contribuent à la pollinisation de nombreuses espèces -, le bureau WWF tenait aussi, à travers l’organisation de cet événement, à emmener les touristes à la rencontre de la culture kanak et à échanger sur leur rapport à la nature. « L’important était de faire prendre conscience aux personnes présentes que l’homme est un maillon de la biodiversité », explique Hélène Bucco.
Mission accomplie, en tout cas pour certains participants, à l’image de Michèle, venue avec ses deux filles pourtant « très citadines ». « J’ai trouvé l’expérience formidable pour mes enfants de pouvoir admirer et de s’approcher d’une nature encore si préservée. »
La roussette, en un week-end, est devenue plus qu’un jardinier de la forêt, elle s’est improvisée tisseuse… de liens.
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