Quand elle n’est pas au téléphone, elle donne des cours de théâtre ou joue dans des pièces, trouve des comédiens pour une série de télévision ou assure carrément un rôle. Une vie débordante, « une vie parfaite ».
D’abord repasseuse. Puis, entre autres métiers, hôtesse de l’air, masseuse, créatrice de vêtements pour enfants, acheteuse d’art, mannequin… Et aujourd’hui, comédienne professionnelle. À 42 ans, Sam Kagy a enfin trouvé sa voie. Cinq ans qu’elle gagne sa vie de cette manière, cette fois ça doit être bon.
Et même aujourd’hui, elle partage son temps entre diverses activités, qui tournent autour de la comédie. Sa principale occupation, c’est l’association théâtrale Pacifique et compagnie, dont elle est membre, comédienne et formatrice, « un boulot à plein temps, énorme ». Mais qu’elle fait avec bonheur. « Tout ce qu’on crée, même pour l’écriture, on le fait en groupe. C’est génial. » Elle et ses comparses donnent aussi des cours dans les écoles, organisent des forums, du théâtre d’entreprise, etc.
Mais comme les réseaux de connaissance font bien les choses, Sam s’est retrouvée, voici quelques semaines, directrice du casting de la série Foudre. Une première pour celle qui ne s’est découverte comédienne qu’à l’âge de 30 ans.
Dans l’impossibilité d’accéder à une liste de comédiens calédoniens, il a fallu « frapper aux portes ». Exemple, les producteurs cherchaient un jeune homme mignon, de 20 ans. Alors, « j’ai été tous les aborder dans des boîtes de nuit… C’est un métier vraiment difficile ! », rit-elle.
« Il faudrait que le cinéma vienne à moi ! »
Avis de recherche aussi pour deux comédiennes : une de 25 ans, l’autre d’environ 40. La première est trouvée en la personne d’Isabelle Abad. « Et un jour, on m’a dit : “celle de 40 ans, finalement c’est toi !”» La « casteuse » devient « castée ». Défi relevé, « toutes les expériences sont bonnes à prendre ». La voilà donc en tournage pour la deuxième saison de Foudre, au Vanuatu notamment. Tout cela, bien sûr, « sur mon temps de vacances ». Mais le plaisir est là pour celle qui n’avait joué jusqu’alors que « du clownesque ». Entendez : un jeu exagéré, théâtral, à l’opposé du jeu plus « réaliste » exigé à la télé.
Quant à se tourner vers le cinéma, « bien sûr que j’aimerais ! » Mais son pays, c’est ici et elle n’en bougera plus, sauf nécessité familiale. Partie à l’âge de 18 ans, la Calédonienne est revenue définitivement à l’âge de 25 ans, après avoir voyagé et vécu un peu partout, au Japon et en Europe en particulier. Alors, « il faudrait que le cinéma vienne à moi ! » D’autant qu’« ici on a toutes les compétences pour faire du cinéma ». Encore faut-il assurer au niveau de la production : en résumé, trouver l’argent nécessaire. En fait, son ambition cinématographique est aujourd’hui sans commune mesure, dit-elle, avec son « ambition d’être heureuse avec mes deux enfants ».
Pour autant, les projets ne manquent pas, notamment celui de développer le théâtre océanien avec sa compagnie. « Le but, détaille-t-elle, n’est pas d’aller forcément jouer en France », mais de renforcer les liens entre comédiens du Pacifique, avec ceux de Fidji notamment.
Le coup d’œil dans le rétro est lumineux : « Je ne peux pas avoir de regret, parce que j’ai essayé tout ce que je voulais. Ma vie est parfaite, j’ai une super étoile. »
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