| Les jeunes s’improvisent experts en revégétalisation |
Étant donné les sites miniers déjà exploités et ceux appelés à l’être dans les prochaines années, la revégétalisation est devenue un enjeu majeur en termes d’emploi.
Des élèves du lycée agricole de Pouembout viennent de participer à deux journées d’expérimentation sur la mine Pinpin, à Poya, ainsi qu’à Pindaï.
Ce mercredi-là, l’heure est à l’expérimentation pour huit élèves de seconde année de BEP entretien et aménagement des espaces naturels et ruraux du lycée agricole de Pouembout. Accompagnés de leur professeur de technologie, Mme Le Brun, ils ont rendez-vous avec les cadres de la SMSP qui dirigent la mine Pinpin, à Poya.
Objectifs de cette entrevue : mieux connaître un site où ils travailleront peut-être un jour, et apporter leur contribution à sa revégétalisation. Le premier entretien est prévu à 8 heures dans les locaux de la SMSP. Hervé Julia, le chef de centre, commence par faire une présentation détaillée du site. Il rappelle au passage que la mine Pinpin a d’abord été exploitée par la SLN avant d’être fermée en 1976 pour cause de chute des cours du nickel, et d’être finalement cédée à la SMSP en échange du massif de Komboye N’Goye, à Thio.
Ce bref historique terminé, direction la fameuse mine et ses huit cents mètres d’altitude. Un quart d’heure de bus plus tard, tout le monde est à bon port, et visiblement soufflé de la vue sur le lagon et de l’activité qui règne sur le site. Les jeunes qui sont venus pour revégétaliser, doivent prendre leur mal en patience : les plants ne sont pas arrivés.
« Les élèves prennent plaisir à mettre en pratique ce qu’ils apprennent en classe »
Miguel Até, technicien du service environnement pour la SMSP, décide alors de leur faire visiter le site dans son ensemble. Ils apprennent ainsi que la mine Pinpin dispose de deux carrières déjà anciennes, dont l’une a pu être prolongée grâce au contrat de fourniture de minerai à basse teneur pour la Chine. Et qu’une troisième carrière est en cours de décapage et que la production flirte actuellement avec les 150 000 tonnes par an. Plus important parce que touchant directement leur avenir, cette production de garniérite devrait doubler dans les années qui viennent. Autre information qui les concerne, le massif a été équipé d’un système antipollution efficace grâce à plusieurs bassins de décantation et à six barrages de retenue, un septième barrage étant en cours de construction.
Au fil de la matinée, les élèves se familiarisent avec l’environnement ambiant. Le temps d’avaler un sandwich et les voilà sur le terrain. Au cœur de l’action qu’ils sont venus concrétiser, à savoir la mise en terre de 750 plants de Bauméa et de Dodonéa fournis par la SMSP. « Nous sommes régulièrement sur le terrain, dira leur professeur. Les élèves prennent vraiment plaisir à mettre en pratique ce qu’ils apprennent en classe. »
Un enthousiasme qui plait aussi à la SMSP. « C’est très important de sensibiliser les jeunes par ce genre d’opération, expliquait Miguel Até. D’autant que cela s’inscrit dans notre politique d’information. »
Ce mercredi-là, les huit lycéens sont repartis heureux du travail bien fait. Eux qui avaient déjà réalisé des aires de repos, des sentiers botaniques et la grande fresque de la foire de Bourail l’an dernier, sont encore allés un peu plus loin. Ils peuvent maintenant songer à continuer leur cursus scolaire par un bac pro ou encore à entrer dans la vie active dès l’année prochaine. En attendant, ils étaient, dès le lendemain, à Pindaï, pour revégétaliser le site. Vous avez dit motivés ?
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