| L’internat construit sans permis |
Le sujet a été évoqué, hier matin, en séance de conseil municipal. L’internat, actuellement en cours de construction à l’école privée de l’Immaculée, n’a pas encore de permis de construire. Les services de la province Nord attendent un complément de dossier pour le délivrer.
L’ordre du jour de ce conseil municipal de juin ne réservait guère de surprise. Entre le vote du compte administratif et dix délibérations, il n’y avait pas, a priori, de quoi fouetter un chat. Il aura fallu quelques questions diverses de l’opposition, en l’occurrence de Murielle Wongsokarto (Entente communale), pour épicer quelque peu les débats. L’intéressée a notamment soulevé le problème de l’internat en cours de construction à l’école privée de l’Immaculée, qui accueille cette année 240 primaires. « Lors de la dernière tournée des élus dans les écoles, nous avons pu constater qu’il était presque achevé, a-t-elle rappelé. On nous a même parlé d’une ouverture en juillet. Or, le permis de construire n’a toujours pas été délivré. Quelle est la position de la municipalité face à cette situation, quand on sait que l’internat en question doit accueillir une quarantaine d’enfants ? » Gisèle Oudaré, la première adjointe, a effectivement reconnu qu’il y avait un problème. « La directrice doit voir avec sa hiérarchie et reprendre contact avec nous dans les quinze jours qui viennent. Tout ce que nous pouvons dire, c’est que cette structure doit remplacer l’internat de Tiaoué, fermé en cours d’année dernière pour cause d’insalubrité. Il faut savoir que certains enfants, aujourd’hui, ne sont pas scolarisés faute de pouvoir être hébergés sur place. »
« Cette structure doit remplacer l’internat de Tiaoué fermé en cours d’année dernière pour cause d’insalubrité »
Renseignements pris auprès de la Dan, le service compétent de la province Nord, une demande de permis a bien été déposée en février 2008, mais le dossier est en cours d’instruction, la Ddec (Direction diocésaine de l’enseignement catholique) ayant à fournir un complément d’information. Autrement dit, si l’on en croit les textes, la construction n’aurait jamais dû commencer. Du côté de la Ddec, justement, André-Jean Léopold, son directeur, parle « d’affaire un peu plus compliquée qu’il n’y paraît ». Et précise : « Après avoir étudié notre demande de permis, la province a exigé la mise en place d’un réseau d’assainissement ICPE. J’ai ensuite sollicité une dérogation, puisque la Ddec a prévu une rénovation globale de l’établissement pour un coût évalué à 300 millions de francs. Ma demande a été acceptée sur la forme, j’attends juste le courrier officiel en attestant. » Cette information n’a été ni confirmée ni infirmée par le secrétariat de la province, contacté hier après-midi. Les travaux du nouvel internat ont débuté en début d’année et ont pris du retard, aux dires d’André-Jean Léopold. « Nous avons dû édifier un mur de soutènement avant de faire venir les Algécos rachetés à la SLN qui les utilisait sur sa base de Koumac. » Coût de l’opération : 50 millions de francs. Si l’on en croit le directeur de la Ddec, l’internat devrait ouvrir dans le courant du mois d’août et accueillir une vingtaine d’enfants. Encore faudra-t-il un permis dûment accordé et l’assentiment d’élus de Koné d’autant plus sensibilisés au dossier qu’il concerne des enfants.
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