| Le nickel tire la croissance |
Hormis Mayotte avec environ 10 % de croissance en 2007, la Nouvelle-Calédonie se distingue dans l’outre-mer. Son économie se porte très bien. Toujours grâce au nickel.
Décidément, la Nouvelle-Calédonie fait figure d’exception dans l’outre-mer. Elle tend à confirmer son image de nouvel eldorado. Selon l’Institut d’émission d’outre-mer (IEOM), la croissance en 2007 devrait se situer entre 5 et 6 %, tirée par le cours du nickel.
Le taux de couverture des importations par les exportations (73,2 %) a ainsi atteint son niveau le plus élevé depuis treize ans.
Après une période de stabilisation sur le premier semestre 2007, les prix sont repartis à la hausse au deuxième semestre, tirés par l’alimentaire (+4,5 %). Sur l’année, l’inflation a finalement été faible (+0,9 % en 2007 contre 2,9 % en 2006).
Le nombre de demandeurs d’emploi a diminué de près de 7 % en 2007. Il s’élève à 6 572 personnes, un niveau là aussi remarquable, puisque le plus bas depuis dix ans.
Dans ce contexte, la consommation des ménages se porte bien, notamment grâce à la revalorisation du salaire minimum et des allocations familiales. Les créations d’entreprise ont été en hausse de 10 % contre 2,7 % en 2006.
Le secteur des mines et de la métallurgie tire la croissance. La production de minerai a enregistré une hausse de 21 % alors que celle du métal a reculé de 4,1 %, suite notamment à des problèmes techniques et aux conflits sociaux fin 2006.
En valeur, les exportations de nickel représentent 172 MF en 2007 contre 120 MF en 2006. Un résultat dû au cours du nickel supérieur de 53 % en 2007 par rapport à l’année précédente.
Un PIB de 22 700 euros par habitant
L’activité du BTP a été tirée par le logement social, le privé et Goro Nickel. Selon l’IEOM, seul le secteur de l’aquaculture a connu une diminution de son activité, en enregistrant un recul de près du tiers des exportations de crevettes.
Le secteur du tourisme a connu une croissance de 2,9 %, portant à 103 363 le nombre de touristes ayant séjourné en Nouvelle-Calédonie en 2007. Le nombre de croisiéristes a lui été de 121 393, en hausse de 2,1 %.
Le PIB calédonien est de quelque 22 700 euros par habitant contre 27 000 euros en Métropole et 17 100 euros en Polynésie ou 10 000 euros pour Wallis-et-Futuna.
Yves Barroux, directeur général de l’IEOM, s’est rendu ces derniers mois dans toutes les collectivités. Il a relevé une certaine inquiétude des socioprofessionnels sur la loi-programme : « Cet effet psychologique peut freiner la croissance. » Mais, il semble qu’il en faille bien plus à la Nouvelle-Calédonie pour porter atteinte à sa confiance.
Le secrétaire d’Etat à l’Outre-Mer, Yves Jégo, a pris acte de ces « résultats très encourageants » qui selon lui « justifient pleinement la future loi-programme dont l’objectif est d’accélérer la croissance endogène en particulier des départements d’outre-mer ». David Martin
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