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  Nouvelle-Calédonie > Mines - 26/06/2008    
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La ruée vers Prony Ouest
Revenu dans le domaine public, Prony Ouest, l’un des derniers grands gisements de la planète, attise de féroces appétits. Les candidats rôdent déjà autour de ces quatre millions de tonnes de nickel. Mais, au fait, la Calédonie peut-elle supporter quatre usines sur son sol ?

Les scénaristes d’Hollywood aimeraient l’histoire. Un road-movie où se croisent des rebondissements judiciaires, une rivalité entre géants, du suspense, la perspective de gains pharaoniques, des couleurs des mers du Sud, et surtout, l’éclat d’un trésor pesant 4 millions de tonnes de nickel, cerné aujourd’hui par « beaucoup d’appétits » note un observateur. La cour administrative d’appel de Paris en a décidé ainsi : le permis de recherche sur Prony Ouest, accordé à Goro Nickel en 2003, devait être annulé, pour une question de pure forme. Le retour sur le marché d’un des derniers grands gisements de la planète, rallume les convoitises à l’heure où le cours du nickel demeure intéressant - autour de 23 000 dollars US la tonne - et où la position s’avère stratégique. Alors «on voit traîner dans les couloirs de la province Sud des gens qui expriment leurs intérêts» remarque un témoin. La machine à lobbying commence à tourner.
Prony Ouest, «c’est un Goro 2», «la SLN actuelle», ou encore «le Koniambo de demain» admet un spécialiste. Le domaine minier, étendu sur 8 300 hectares, pourrait permettre une production annuelle de 50 000 à 60 000 tonnes, volume visant à la fois la rentabilité de l’usine et la durabilité de l’exploitation. L’unité ne peut être qu’hydrométallurgique, vu la teneur en nickel : 1 à 1,3 %, contre 1,5 % en moyenne à Goro. « Goro, c’était la crème du Grand Sud » souligne un expert, «Prony, ce sont les marches». Sur cette base, l’investissement s’élèverait, grosso modo, à 3-4 milliards de dollars US. Qui a le portefeuille ? Qui est à la fenêtre ?

Prony Ouest, « c’est un Goro 2 », « la SLN actuelle », ou encore « le Koniambo de demain »

En première ligne, bien entendu, Goro Nickel. La filiale du Brésilien Vale repartirait bien à l’abordage afin de prolonger son activité au-delà de la garantie des 30 années, et même du plan minier de 100 ans envisagé à Goro. Avantage certain : situé à un jet de latérite de Prony, le complexe industriel est déjà en place, tout comme les infrastructures - port, accès...- Et puis, le dossier est prêt. Reste toutefois la problématique du tuyau en travers de la route. Dans la balance, se placera assurément un «cheval de bataille» de Philippe Gomès, le président de la province Sud, institution décisionnaire pour l’attribution du permis de recherche : le renforcement de la participation de la SPMSC (Société de participation minière du Sud calédonien), réunissant les trois Provinces au capital de la société minière, à hauteur de 20 %.
Ce principe du donnant-donnant pourrait toucher la SLN, elle aussi dans les starting-blocks. L’attribution de Prony Ouest apporterait une nouvelle vie métallurgique à la filiale d’Eramet, qui pourrait du coup valoriser le minerai avec un échantillon venu d’un de ses autres sites territoriaux.
Autre atout de la SLN, son procédé hydrométallurgique que le groupe semble connaître avec le projet Weda Bay en Indonésie. Mais avant l’accord, l’épineux sujet d’un actionnariat calédonien poussé à 51 % au capital de la SLN - un vœu fort du même Philippe Gomès - devra avoir trouvé réponse (lire aussi en page 5).
Il y a presque foule devant «la pépite» de Prony Ouest. Déjà dans les rangs en 2002, l’Anglo-australien BHP Billiton et le Britannique Anglo American lorgneraient à nouveau l’affaire. Et à l’affût de toute opportunité afin de satisfaire leur demande intérieure, des industriels chinois seraient de même (très) intéressés. Quoi qu’il en soit, certains voient la signature se poser sur les documents officiels de la province, avant mai 2009. Le «coup» de publicité serait là politique, à l’aube des provinciales.

Une production annuelle de 50 000 à 60 000 tonnes de métal assurée pendant des dizaines d’années : de quoi aiguiser bien des appétits.

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