| Guerre des nerfs à la Vallée |
Ce n’est plus une goutte, mais bien des litres d’eau qui font déborder le vase des habitants et des commerçants de la Vallée-du-Tir. Chaque jour, vols, agressions, incendies se suivent et se ressemblent.
Planté devant sa fourgonnette brûlée, Yannick Ythier, gérant d’une petite entreprise de réparation de matériel électroménager, passe par un panel de sentiments : colère, scepticisme, incompréhension… Dans la nuit de mardi, son fourgon, qui lui sert à transporter la marchandise, a été brûlé. « Ils sont passés par-dessus la barrière, apparemment en début de soirée. Ce n’est pas nouveau. J’ai été cambriolé plusieurs fois. » Le problème est que cette fois, c’est son outil de travail qui est hors service. Sans compter les réfrigérateurs réparés qu’il devait livrer et qui ont brûlé avec la camionnette. « Le matériel qui était dans le fourgon n’est pas pris en charge par l’assurance. Il y en a au moins pour 500 000 francs. Si la responsabilité civile ne marche pas, je vais devoir rembourser les clients. J’attends. »
Autour de Yannick Ythier, quelques commerçants et habitants du quartier se sont regroupés. Eux aussi en ont assez. « Mercredi, c’est le responsable du magasin à côté qui a été blessé par une bouteille de bière. Il s’est retrouvé à l’hôpital, raconte l’un d’entre eux. Tous les jours, il y a des accrochages avec des délinquants. » « On travaille dans un climat d’insécurité, renchérit une commerçante. J’ai été obligée d’engager un vigilant pour rester avec moi le soir depuis que j’ai été braquée (en début d’année). Ça me fait des frais supplémentaires. »
« Ça dépasse les bornes ! »
Du coup, les langues se délient et les riverains se lancent dans une longue litanie d’exactions : « Il y a quinze jours, c’est le propriétaire de la laverie qui a eu sa voiture cassée. Il en a eu pour 177 000 francs de réparations. » « Et le lendemain, c’était la voiture de son voisin, le surlendemain, ils ont mis le feu dans le couloir d’un immeuble et, deux jours après, c’est une voiture qui a été brûlée. Même le bureau de poste a été cambriolé il y a une dizaine de jours ...» C’est surtout la montée de la violence qui accompagne ces dégradations qui effraie les riverains. « Ils m’ont jeté un caillou de plus d’un kilo. J’ai porté plainte, mais il y a des représailles quand ils l’apprennent », confie un commerçant. « Ça nous épuise, poursuit un autre. On a fait de multiples réunions, mais rien ne change. Ça dépasse les bornes ! »
Et comme à chaque fois, les riverains s’indignent du « laxisme de la justice. La police fait son travail, mais les délinquants sont systématiquement relâchés », conclut l’une des personnes. « Alors, qu’est-ce qu’on fait ? »
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