| Koné : Une zone artisanale sur les terres coutumières |
Parmi les dossiers économiques évoqués lors de la dernière session provinciale, la future zone artisanale de Baco fera date. D’abord par sa localisation sur terres coutumières, ensuite par les activités qu’elle doit accueillir dont le centre d’essai de la DITTT.
Cela ne s’était encore jamais fait en province Nord. Le conseil des anciens de la tribu de Baco a porté et fait aboutir un projet de zone artisanale dans le cadre de la valorisation des terres coutumières. Pour créer et surtout exploiter ladite zone, les quatre GDPL (Groupement de droit particulier local) de la tribu se sont regroupés au sein d’une société civile et ont créé la SAS « ZA de Baco » en s’associant avec les SAEML « Espaces de l’Ouest » et « Grand projet VKP ».
Un terrain de quinze hectares a été délimité et a fait l’objet d’un procès-verbal de palabre. La surface aménageable déterminée par l’étude d’impact environnemental, à savoir dix-sept hectares, comprendra à terme un lot de deux hectares destiné à la DITTT ( Direction des infrastructures de la topographie et des transports territoriaux) pour l’implantation de son centre d’essai, quatre lots d’un hectare chacun destinés aux activités encombrantes (BTP) et dix-huit lots de vingt-deux ares en moyenne destinés aux artisans et aux activités de service.
Pour Bernard Boué-Mandil, directeur général de la SAEML VKP, l’aboutissement de ce projet montre que « réaliser du développement économique sur foncier coutumier est d’abord une affaire de bonne volonté ». S’il a fallu deux ans et demi de travail pour trouver les montages financier et juridique adaptés, le jeu en valait la chandelle.
« D’abord une affaire de bonne volonté »
« La volonté commune de faire de chacun des partenaires, y compris celle du banquier qui a participé à toutes les réunions préparatoires, a permis de faire aboutir ce à quoi tout le monde s’essayait sur foncier coutumier depuis des années sans jamais y parvenir, à savoir faire coïncider les intérêts publics et privés tout en sécurisant le financeur. »
Concrètement, la SAS ZA de Baco louera le foncier par bail à long terme à la société civile et assurera la gestion locative de la zone. D’un point de vue financier, l’aménagement a été évalué à un peu plus de 203 millions de francs (dont 50 MF de subvention provinciale, 40 MF d’emprunt bancaire et 11 MF de compte courant d’associé de la SAEML « Espaces de l’Ouest »).
Les revenus qui seront dégagés par l’exploitation de la zone doivent permettre à la SAS de rembourser l’emprunt bancaire sur quinze ans ainsi que l’avance de la SAEML Espaces de l’Ouest sur une période allant de 17 à 24 ans. Les travaux, prévus pour une durée de dix à douze mois, seront lancés à la fin du mois d’août, courant septembre au plus tard, pour une mise en service mi-2009.
Idéalement placée près du rond-point de la province Nord, au carrefour de la RT1 et de la Koné-Tiwaka, la future zone risque fort, c’est d’ailleurs le souhait de tous les partenaires concernés, de faire école. Et de donner confiance à des promoteurs privés jusqu’ici peu enclins à investir sur des terres coutumières.
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