| Les amis des animaux se plaisent à Koutio |
Trente-cinq ans après sa création, la Société protectrice des animaux de Nouvelle-Calédonie (Spanc) est toujours installée à côté de la station d’épuration de Koutio et du terrain de football. Locataire d’un bail longue durée, elle pourrait être amenée à déménager en raison d’importants projets prévus sur cette zone.
Derrière la station d’épuration de Koutio, 120 chiens et chiots, 40 chats et chatons habitent le refuge de la Société protectrice des animaux. Depuis leur parc ou leur box, les petits bêtes à quatre pâttes tentent de séduire les visiteurs derrière leur grillage. Installés là depuis trente-cinq ans, les locaux des bureaux de l’association sont aujourd’hui vétustes. « Le terrain est toujours adapté à l’accueil des animaux mais plus les locaux. Alors on rafistole comme on peut. À ce stade de l’année, nous n’avons touché aucune subvention », précise Aline Thomas-Dumont, la présidente. Un cadre qui donne aussi une fausse image quant au traitement des animaux. « Ici, les gens croient que les animaux ne sont pas soignés mais c’est faux. Un vétérinaire passe deux fois par semaine et on lui amène tous les jours les animaux qui en ont besoin. Je sais que des rumeurs d’euthanasie courent mais c’est entièrement faux ! On ne le fait uniquement que sur avis médical. »
Trente-sept ans après sa création, la Spanc est toujours située au même endroit, entre l’unique station d’épuration de la commune et le terrain de football, non loin des cabanes des squats. Mais l’association butte désormais sur le développement de la commune. Car le terrain jouxte, sur le papier, la future Zac de Dumbéa-sur-mer où se construiront d’ici quelques années écoles, logements et commerces.
« On ne veut pas déménager au-delà du péage »
« Cela fait dix ans que l’on nous dit que l’on va déménager mais, maintenant, ça commence à se préciser. Apparemment, c’est urgent, mais c’est bien normal, ça se développe tellement. » Même si elle s’y attend, Aline Thomas-Dumont n’en est pas moins inquiète. « On nous a indiqué qu’il fallait agrandir la capacité de la station d’épuration en vue de la Zac de Dumbéa-sur-Mer. » Une étude est donc actuellement menée par la Secal, l’aménageur concessionnaire de la future Zac, sur les possibilités d’extension ou non de ladite station d’épuration, d’une capacité actuelle de 12 500 habitants. « Mais rien n’est décidé et le projet est figé dans l’attente de décisions », indique-t-on à la Secal.
En attendant, la Spanc appréhende : « On ne veut pas déménager au-delà du péage. Les gens ne paieront jamais 300 francs pour déposer des animaux qu’ils ont recueillis. »
Reste à savoir où la Spanc pourra déménager. Rattachée à la future fourrière intercommunale qui doit être créée à Ducos ? « Nous y avons bien pensé, répond Vincent Provoost, chef du service du domaine par intérim à la ville de Nouméa. Mais nous n’avons plus de place et le terrain n’est pas élastique. Nous sommes bien conscient du problème et des besoins de la Spanc mais Nouméa dispose d’un foncier de plus en plus rare. » La mairie de Dumbéa, elle, renvoie la balle. « Nous ne sommes pas propriétaire du terrain, c’est le Fonds social de l’habitat. » Lequel a signé le bail en 1974 et l’a renouvelé trente ans plus tard pour une longue durée. Mais rien n’empêche que le terrain change un jour de main. Des rumeurs courent sur l’aménagement de la Spanc à Païta, commune qui doit également accueillir la future quarantaine, elle aussi bientôt obligée de déménager en raison de la Zac. En attendant, toutous et chatons continueront d’être recueillis - et adoptés - à Koutio.
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