Comment se conçoit un court-métrage ? Réponse point par point avec Michel Besse, vainqueur il y a deux ans du concours Air France.
Si Michel Besse crée des courts-métrages, c’est « pour s’amuser, une sorte de cerise sur le gâteau ». Car, en Calédonie, impossible d’en vivre, faute d’acheteurs. Reste que Michel Besse est un professionnel de l’image, qui pige pour la télé, donne des cours d’audiovisuel au lycée Lapérouse. Et, il y a deux ans, son court-métrage détresse.com a remporté le concours Air France, épreuve phare du festival de La Foa. Et cette année, À deux mains, sa nouvelle création, y concourt à nouveau.
Pour lui, l’étape primordiale dans la conception d’un film est l’écriture du scénario. « Il faut passer du temps à rêver, imaginer… » Pour détresse.com, il y avait consacré quatre à cinq mois. « Il ne faut surtout pas brûler cette étape. » Et ne se donner aucune barrière.
Autre passage quasi obligé : le story-board, qui permet de « visualiser son film ». Tous les cadrages y sont dessinés, il sert donc de support permanent pendant le tournage.
Pour le repérage, Michel Besse y va « au culot »
Avec tout cela en main, place au choix des comédiens et au repérage, qui prennent environ un mois à Michel Besse. Celui-ci préfère des professionnels pour que ce soit « bien joué et que le spectateur puisse s’identifier ». Mais, attention, « c’est l’acteur que l’on adapte au personnage », et non l’inverse.
Pour le repérage, « au culot, je vais demander à des gens si je peux tourner chez eux ou dans leur voiture. On s’aperçoit que les gens sont très ouverts. »
Le tournage en lui-même est finalement l’étape la plus courte, puisque le travail a déjà été fignolé en amont : trois jours suffisent pour les courts-métrages de Michel Besse. Son matériel est celui d’un « amateur » mais peu importe car « tout est dans la lumière ». Et le savoir-faire.
Primodial aussi : le son. Au moment du tournage, mais aussi juste après, puisque, sur un mois de montage, la partie son occupe trois semaines. Fastidieux (« il faut faire certains bruitages soi-même »), mais essentiel puisque les « courts » souffrent souvent d’un son médiocre. La qualité globale du film s’en ressent. Sur ce point-là, Michel Besse a de la chance : pour À deux mains, une musique originale a été composée.
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