L’Usoenc s’impatiente : elle réclame les mesures contre la vie chère négociées en 2006 et pas encore appliquées. Et elle menace de descendre dans la rue si le gouvernement continue de manquer de « courage politique ».
Ecopain, écoriz, écocartable : l’Usoenc ne va pas jusqu’à dire que ce sont des « écosucettes », mais elle estime que « les solutions de fond au problème de la vie chère ne sont pas là, et qu’elles ne pointent pas ». Des choses ont été faites, mais il manque à la panoplie plusieurs mesures phares qui avaient fait l’objet d’un accord avec le gouvernement Thémereau, et ne sont pas mises en œuvre par le gouvernement Martin, a indiqué hier Didier Guénant.
La première d’entre elles est le prêt à taux zéro. Il est « indispensable pour sauver l’accession à la propriété, en train de disparaître pour la grande masse des salariés », juge l’Usoenc. Elle estime qu’il n’est plus possible, face à l’envolée des prix, y compris dans le Nord, de repousser le projet au motif que sa première mouture serait trop compliquée à mettre en œuvre. « Le projet est finalisé, il n’y a plus qu’à le passer au Congrès. Il n’y a pas de raison de le bloquer », a insisté hier Didier Guénant en rappelant que son syndicat, « le seul à défendre l’accession à la propriété au sein du FSH », sollicite également depuis des années l’intervention de la Caisse des dépôts et consignations (CDC) dans le domaine de l’accession, alors qu’elle se limite jusqu’ici au locatif.
« Ce n’est pas une question de légitimité, mais de courage politique »
« Sur le prêt à taux zéro, a poursuivi le patron de l’Usoenc, nous exigeons que le gouvernement tienne sa parole. Il n’est pas normal qu’il y ait rupture dans la continuité des engagements de l’exécutif. » Même chose pour trois autres accords trouvés à l’issue des grandes manifestations de 2006 : la taxation des plus-values immobilières, dont le produit est destiné aux opérateurs de logements sociaux ; la disparition du Salaire minimum agricole (SMAG), qui devait se faire sur trois ans et n’a pas commencé ; et enfin le débat au Congrès sur la création d’une redevance nickel, que l’Usoenc souhaite voir affectée pour moitié à des investissements et pour moitié à un fonds destiné aux générations futures. « Tout le monde est d’accord. Alors à quand ce débat ?, demande Didier Guénant. Certains disent que le gouvernement n’est plus légitime. Si, il l’est jusqu’en mai 2009. Ce n’est pas une question de légitimité, mais de courage politique. »
Ces quatre mesures, plus la revalorisation du SMG qui est un moyen de « répondre à l’inflation et au déséquilibre par la correction des revenus », l’Usoenc dit les avoir rappelées à Harold Martin voici deux mois, au terme d’une année pratiquement gelée par les péripéties électorales. Depuis, rien, si ce n’est le « bonus », une « fausse bonne idée » qui ne va toucher ni les fonctionnaires, ni les salariés de l’immense majorité des entreprises qui n’ont pas de représentation syndicale. Bref, l’Usoenc s’impatiente face à un gouvernement qui « reste au milieu du gué ».
« Nous essayons d’être positifs, explique Didier Guénant, mais il y a des limites. Nous exigeons que les décisions prises soient adoptées. Nous ne sommes pas, nous, engagés par un calendrier électoral. Que les politiques fassent leur boulot jusqu’au bout. D’ores et déjà, nous appelons les travailleurs à se remobiliser sur le thème de la vie chère, et s’il faut redescendre dans la rue, pourquoi pas… »
Quand ? Pas demain. L’Usoenc laisse visiblement un petit délai au gouvernement pour donner signe de vie.
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