Stoppés par la pluie, les travaux de réfection des routes des tribus ont repris de plus belle. C’est un soulagement pour les habitants du village qui attendaient avec impatience cette rénovation. Car une simple route, ça change parfois la vie.
Il suffit de quelques gouttes de pluie pour que les chemins de brousse deviennent des chemins de boue. À la moindre averse, les sentiers de terre qui mènent aux tribus deviennent impraticables, il arrive même que les bus scolaires soient stoppés. Les enfants restent alors bloqués et ne vont pas à l’école. Évidemment, ils ne s’en plaignent pas mais les parents voient cette situation d’un autre œil. « Pfff… Ça fait tellement longtemps qu’on demande de faire la route ! », soupire Léontine, de la tribu de Paola.
Mais, dans quelques mois, tout cela ne sera qu’un mauvais souvenir. Car, depuis deux semaines, les tractopelles et camions s’agitent pour goudronner les chemins des tribus de Paola, Tiwaé, Tiwandé et Ouanache, autour de Touho. Les ouvriers, qui avaient d’abord interrompu le chantier à cause de la pluie, ont maintenant repris l’activité et, d’ici quelques semaines, tout le monde pourra profiter de cette petite révolution. « Ce sera bien pour marcher jusqu’à la maison commune, on ne sera plus les pieds dans la boue. Ce sera aussi plus facile pour les touristes… Et peut-être même que les jeunes vont se mettre à faire du vélo », plaisante Henriette, de Tiwaé.
« J’espère qu’avec la route, les jeunes n’en profiteront pas pour faire les fous en voiture »
En attendant la fin des travaux, les quatre tribus se sont organisées pour accueillir les ouvriers. À commencer par les mamans qui leur préparent, chaque midi, des barquettes. « Ça permet de faire un peu d’argent et de se retrouver ensemble », précise Henriette. Quelques hommes ont aussi été embauchés comme manœuvres pour donner un coup de main aux entreprises. « C’est comme ça à chaque fois qu’on fait des travaux, que ce soit à Touho ou ailleurs, explique Luc Daly de la société BTP Nord, on embauche trois ou quatre personnes de la tribu dans laquelle on fait le chantier, en plus de notre équipe évidemment. » Les intérimaires recrutés à la tribu sont rémunérés au SMG. Ce ne sont évidemment que des emplois temporaires. « Nous en avons pour environ deux mois et demi », précise Luc Daly.
Même si, de manière générale, tout le monde semble plutôt satisfait de ces nouvelles routes, certains s’inquiètent tout de même. Dans la tribu de Paola, Léontine ose prendre la parole : « Moi, j’espère qu’avec la route, les jeunes n’en profiteront pas pour faire les fous en voiture. » À côté, les mamans secouent la tête, l’inquiétude est partagée.
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