| Le marché coréen : « C’est pas gagné » |
La visite d’une délégation calédonienne au Pays du Matin calme a permis d’y voir plus clair sur le profil et les exigences des touristes coréens. Propreté, rigueur et activités de montagne sont leurs premiers critères. Pour la Calédonie, la délégation l’avoue : « c’est loin d’être gagné ».
Le pays perd près de 5 000 touristes japonais par an ? Pas de soucis. La nouvelle ligne Séoul-Nouméa attirera 9 000 vacanciers coréens ces trois prochaines années. C’est l’objectif que s’est fixé la Calédonie, sans tenir tout à fait compte du public qu’elle visait.
« Si on veut y parvenir, il va falloir se mettre en adéquation avec eux, sinon, ça va être un flop total », a reconnu, hier, Alain Descombels. Pendant trois jours, l’élu de la province Sud, accompagné de représentants du secteur économique, est parti en mission de reconnaissance au pays du Matin calme. Il en est revenu avec un portrait plus affiné du tourisme coréen. Plus complexe aussi.
« La quasi-totalité des Coréens n’aime pas la mer. Ce n’est pas un peuple tourné vers le loisir-plage ». Dommage, quand l’image touristique du pays repose essentiellement sur son lagon, vendu par les prospectus comme le « plus beau du monde ».
Des plaquettes touristiques inadaptées au public
Faudra-t-il compter sur le shopping ou la cuisine pour attirer cette nouvelle cible ? En partie, répond la délégation. Mais ce que les Coréens veulent surtout, c’est de « la promenade, de la montagne ». Autrement dit, un tourisme vert dont la Calédonie a tous les atouts, mais qui est encore insuffisamment développé, notamment en matière de randonnées. Pour la délégation, c’est assez clair : il va falloir créer ou renforcer des activités terrestres. Mais aussi « revoir les plaquettes touristiques », en insistant davantage sur la montagne que sur la mer.
Deuxième exigence -et pas des moindres- : la propreté. « Ils reprochent souvent aux Français leur manque d’hygiène », note Alain Descombels. La rigueur est également une qualité prisée des Coréens, qui aiment les programmes respectés à la lettre. Grève ou pas grève.
Le cap des 9 000 touristes par an est-il sérieusement envisageable ? De l’aveu même de cette délégation : « c’est pas gagné ». « Il y a un gros effort à faire. Les Coréens ne vont pas être une clientèle naturelle », reconnaît l’élu de la province.
Quel intérêt, alors, d’avoir créé une ligne vers Séoul ? « Ce n’est pas un projet calédonien, à l’origine. Mais un souhait d’Air France et d’Aircalin de fluidifier leurs vols », répond Alain Descombels. Aux Calédoniens, et en particulier au secteur touristique, de montrer qu’ils savent s’adapter.
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