Nommé l’an passé, Phil du Toit cède son fauteuil de directeur général à Michel Sylvestre, auparavant responsable d’une mine canadienne. Ce changement « classique » selon Goro Nickel, suscite tout de même quelques questions.
La nouvelle courait en coulisses depuis quelques semaines. L’annonce est désormais officielle. « En tant que directeur général de Goro Nickel, Michel Sylvestre succède à Phil du Toit, executive vice-president business development de Vale Inco, qui continue d’assurer la responsabilité de Goro Nickel au sein du comité de direction de Vale Inco ». L’ancien patron à la moustache brune en Nouvelle-Calédonie regagne donc son domicile canadien, et supervisera, selon le service de communication local, les actions entreprises sur le site de Prony par le nouvel arrivant francophone, nommé le 1er juin dernier. « Ce changement était prévu et répond à une logique industrielle » indique Goro Nickel. En clair, le fauteuil passe d’un homme spécialisé dans « le montage de projet » à « un pur manager » tourné vers la production, l’usine hydrométallurgique devant entrer dans cette phase début 2009. Selon une source, « des raisons personnelles » seraient aussi intervenues dans le retour du Sud-Africain du Toit vers le pays à la feuille d’érable. Quoi qu’il en soit, pour Philippe Gomès, président de la province Sud, ce bouleversement à la tête de la société « n’a, à mon sens, pas de signification particulière. Cela ne change rien dans l’action ».
Goro Nickel : « Ce changement était prévu et répond à une logique industrielle »
Cette modification dans le trombinoscope soulève néanmoins une vague de questions, même si de telles rotations au sein de grands groupes sont monnaie courante. Le chantier du Sud a vu passer, en quatre années, pas moins de quatre directeurs généraux : Pierre Alla, Ron Renton, Phil Du Toit, et Michel Sylvestre. Cependant, l’actuelle décision tombe cette fois à un moment important, voire crucial, après le pic observé récemment dans la construction de l’unité. Après les vives tensions, l’heure est en effet à la négociation avec Raphaël Mapou et ses opposants au tuyau de Rheebu Nuu. « Nous voulons absolument poursuivre le projet. Il faut qu’on trouve un accord assez rapidement, d’ici le milieu de l’année », soit jusqu’en juin ou juillet, avait déclaré en mai dernier le même Phil du Toit, connu pour avoir su conclure dans le passé une entente avec la communauté locale du territoire Nunavut, le berceau des Inuits. L’objectif n’est ici, pour l’instant a priori, pas atteint, alors que courent des rumeurs sur la création du Fonds Patrimoine - budget cogéré destiné aux populations voisines du site -, source de vifs échanges entre les deux parties. Ce départ de l’ingénieur formé à Pretoria se glisse également avant que le dossier relatif à l’Installation classée pour la protection de l’environnement (ICPE) ne soit ouvert au grand jour. Or « il s’agit d’une étape très importante », avait rappelé Phil du Toit. Et pour cause, cette phase conditionnera l’exploitation de l’usine. Bref, une nouvelle fois, des questions se posent sur le déroulement du projet Goro Nickel déjà confronté en avril dernier à des bruits sur une éventuelle suspension du chantier. Questions auxquelles Michel Sylvestre devra faire face dans les prochaines semaines.
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