Sept branches au moins, voire huit, peut-être bientôt neuf… Trois Rassemblement et produits dérivés, deux Avenir ensemble, deux Front national et quelques électrons libres : dans le camp loyaliste, c’est l’explosion, à seulement dix mois des élections provinciales. Il y aura de l’offre, les Calédoniens auront du choix comme jamais. Mais, pour l’instant, ça fait un peu désordre dans le jeu des sept familles.
Dans la famille loyaliste, il y a d’abord le père. Quasi-grand-père même, et c’est le Rassemblement. Il a beaucoup rassemblé voici trente ans face à la montée en force de la revendication indépendantiste. Depuis sa défaite historique de 2004, il a aussi beaucoup enfanté, perdu et puis repris, à la fois des membres et du poids. Il a en tout cas été le premier à entrer en crise, lorsqu’il a congédié son chef historique et organisé ses primaires législatives en 2006. Exit Jacques Lafleur, Françoise Sagnet, Pierre Maresca, Simon Loueckhote, pour ne citer que ceux-là. Si Pierre Maresca est revenu à la maison, les partants ont engendré deux produits dérivés : le RPC, dont Françoise Sagnet reste la seule élue, et plus récemment le Mouvement de la Diversité de Simon Loueckhote.
Le Rassemblement n’en est pas mort pour autant. Même si sa ligne politique est parfois hésitante, à base de brusques accélérations anti-accord de Nouméa suivies de petits pas en arrière, il a montré sa vigueur retrouvée à l’occasion des législatives et de l’accord-cadre qui lui a permis de reprendre le Congrès. Premier en crise, il est aussi le premier à en être sorti. En laissant derrière lui un autre dommage collatéral, des municipales cette fois, Guy Moulin, élu du Sud qui siège en non-inscrit.
Dans la famille loyaliste, il y a ensuite les cousins. Ceux du Front national. Ils viennent de voler en éclats. Guy George et Marie-José Gomez d’un côté, Bernard Herpin, Bianca Hénin et Pierre Mariotti de l’autre. Tous démissionnaires de la Fédération calédonienne vidée de sa substance, qu’un envoyé de Paris, dit-on, viendrait essayer de remonter à partir des ruines. Si cela se vérifie, cela ferait trois Front national et dérivés.
Dans la famille loyaliste, il y a enfin les fils. Ceux de l’Avenir ensemble, partagés entre la tendance Martin/Leroux installée au gouvernement et la tendance Gomès/Michel implantée à la province Sud. Entre eux, la « messe est dite », la réconciliation impossible.
Le 23 juillet, date du renouvellement de la présidence et du bureau du Congrès
On verra bien qui votera pour une présidence Frogier
Côté Martin, on se dit légitimé par le congrès du 21 juin, qui a porté Didier Leroux à la présidence du parti, avec pour mission de le mener en bon ordre à la bataille des provinciales. On y est persuadé que la recomposition n’est pas finie, parce que la rupture est trop fraîche et qu’elle peut encore engendrer des soubresauts.
Côté Gomès, on se sent tout autant légitimé par la « journée de défense des vraies valeurs de l’Avenir ensemble » du 21 juin, et surtout par les votes au Congrès et à la province Sud qui, le 25 juin, ont confirmé, au moins sur l’affaire Eramet/SLN, une conjonction des « autres » avec le Rassemblement. Même si ce « reniement/ralliement », explique-t-on à la province, procède sans doute davantage d’un choix tactique qu’idéologique.
Pour la tendance Maison bleue, il est donc temps de quitter la sphère des « problèmes internes », de « sortir des attaques personnelles » et d’affirmer ses divergences de fond sur le plan politique. Ce qui devrait conduire la famille Gomès de l’Avenir ensemble à se constituer en groupe autonome au sein du Congrès, à donner vie à son association et à commencer à la structurer sur le terrain, avec des sections, une permanence, bref, tous les outils d’un parti en attendant le bon moment pour le lancer officiellement sur la scène publique.
Le bon moment, ce sera peut-être après le 23 juillet, date du renouvellement de la présidence et du bureau du Congrès. Car, ce jour-là, on verra bien qui, dans le camp loyaliste, votera pour une présidence Frogier. Et qui votera contre. Ce sera un premier temps de clarification.
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