Après Païta et Dumbéa, le Mont-Dore a désormais ses fraises. Bruno Pomina, ancien pâtissier et agriculteur, s’est lancé dans la culture hydroponique du fruit rouge.
Au-dessus de la terre rouge, les abeilles butinent les petites fleurs blanches bercées par le bruit de l’eau. Des gouttières dépassent de jolies fraises à l’éclat bien rouge. Rondes, allongées, grosses. À y regarder de plus près, elles ne se ressemblent pas. Sur une vingtaine de tables, douze mille plants de fraisiers de cinq variétés différentes, venues d’Australie, poussent hors-sol à Mouirange. Cet après-midi sonne l’heure de la seconde récolte, une centaine de kilos, depuis que Bruno Pomina a décidé de se lancer dans la culture hydroponique des fraises. L’idée de s’engager dans cette nouvelle culture a germé suite à plusieurs rencontres, il y a environ un an. « D’abord avec Jean-Jacques Urben qui était installé à Katiramona, le premier à en faire. Je l’ai rencontré et cela m’a donné envie. Ensuite, je suis parti en Australie et en Nouvelle-Zélande. J’y ai rencontré des fermiers qui m’ont tout expliqué. » Ni une, ni deux, cet ancien pâtissier de formation se lance dans l’aventure hydroponique. « Au début, j’étais contre. Pour moi, l’hydroponie signifiait beaucoup d’engrais. Mais aujourd’hui, avec les nouvelles techniques, il suffit de mettre juste ce qu’il faut. »
Dans une cuve de 5 000 litres, il verse donc le calcium et l’engrais nécessaires à l’alimentation et à la croissance de ses fruits. Mais aussi de ses salades, de son cresson et autres petits légumes auxquels il applique désormais le même régime. « Pas d’acide de batterie ni de pneus comme on peut l’entendre souvent. J’achète l’engrais adapté à ce type de culture à la Chambre d’agriculture. »
« L’hydroponie, c’est moins de fatigue, moins de traitement, moins de personnel »
Même s’il les commercialise par la voie de comités d’entreprises et du stand d’un ami au marché de gros à Ducos, son but n’est pas de concurrencer les autres producteurs de fraises, tous localisés dans le Grand Nouméa (lire encadré). « Je ne suis pas un spécialiste de la fraise, je débute. Je suis suivi par des techniciens de la province Sud qui me conseillent régulièrement. Et je ne traite que s’il y a besoin. » Pour lui c’est donc un passe-temps de plus. « Il faut s’occuper dans la vie mais ma femme me dit que j’ai vu un peu trop grand. »
Il y a dix ans, Bruno Pomina était agriculteur et en plein champ. « L’hydroponie, c’est cent fois mieux. Cela représente moins de fatigue physique, moins de traitement, moins de personnel. Pas besoin de passer avec le tracteur et d’enlever les cailloux. Avec ce système, une fois que cela pousse, c’est juste un travail de surveillance ! » Du coup, le producteur pense déjà s’étendre et multiplier le nombre de ses tables par deux d’ici le milieu d’année prochaine. En attendant, il commence à agrémenter ses fraises… de chocolat.
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