Delphine Ollier a fait ses premièresarmes sur les bancs d’une école de cinéma à Paris. Elle est revenue en Calédonie avec plein d’idées. Un an plus tard, elle organisait le premier festival du cinéma de La Foa. Et ne l’a jamais quitté depuis.
C’est un petit bout de femme de 33 ans qui a tout d’une grande. Le bac en poche, la lycéenne de Lapérouse veut faire des études de cinéma et choisit ce qu’elle croit le mieux pour elle : Paris. Mais la foule métropolitaine lui donne l’idée de développer sa passion chez elle, en Calédonie. À son retour, elle met en place des ateliers de courts-métrages dans les écoles primaires, devient scripte pour la chaîne RFO et souhaite participer au développement de la diffusion cinématographique. Mais comment ?
Lorsqu’elle rencontre Philippe Gomès pour la première fois, elle ne sait pas que la construction d’un cinéma à La Foa est en projet. Le maire lui demande si elle est capable d’organiser un festival ? « J’ai dit oui. Un gros mensonge ! Finalement, j’avais trois boulots. » Elle a à l’époque 23 ans. Six mois plus tard, elle repart à Paris pour trouver des partenaires. Elle y retourne une seconde fois. Et chaque année désormais. « Je vois les films quatre mois avant le festival. C’est un puzzle. Tu prends et tu fabriques la programmation, avec des genres de tous pays. » Et la première édition a eu lieu en 1999, avec un invité de marque, Jean-Pierre Jeunet, qui inscrit son nom dans la commune de brousse. Ses choix se portent sur ce qu’elle aime, « des films qui ne sont pas bourrés d’effets spéciaux. J’aime pouvoir m’y identifier, qu’une histoire me touche ou puisse m’arriver, qui sont les plus proches de la vie. »
« Il est important que des moyens soient apportés »
Depuis l’idée de départ, « beaucoup de choses ont changé, reprend Delphine. Nous avons impulsé le court-métrage et, au début, on se demandait combien de films nous allions recevoir. Aujourd’hui, on compte une trentaine de films locaux. C’est énorme ! Le festival a permis aux institutions de se tourner vers le cinéma. Il y a maintenant un bureau de tournage à la province Sud et de nombreuses opérations autour du cinéma comme « Un été au ciné » ou « Les toiles enchantées ». Tout cela a introduit le cinéma en Nouvelle-Calédonie, il y a une vraie attente du public. Le festival fonctionne bien car il est resté à l’échelle de La Foa. Je ne sais pas ce qu’aurait été ma vie sans le festival mais je sais tout ce que le festival m’a apporté. »
Au fil des années, elle a côtoyé de grands acteurs et réalisateurs avec qui elle peut partager sa passion du 7e art. Consciente d’être une privilégiée, elle nourrit de nouveaux projets, surtout envers les cinéastes locaux. « Il est important que des moyens leur soient apportés, qu’on puisse créer un jour un fonds audiovisuel (ndlr : une aide à l’écriture audiovisuelle) pour que, dans dix ans, on l’ait ce premier long-métrage calédonien au festival de La Foa ! Alors oui, on aura fait un sacré bond ! » Et qui sait ? L’idée d’un autre festival, à Nouméa, et sur une thématique différente de celui de La Foa, pourrait bien d’ici-là avoir germé dans sa tête.
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