| Ça bouge autour du capital d’Eramet |
Une brutale chute du cours de l’action (-13 % en une journée) aurait pour origine la mise sur le marché d’actions appartenant à la famille Duval. Des actions que lorgne ouvertement la Nouvelle-Calédonie...
Décidément, la vie du cours de bourse d’Eramet a tout du feuilleton. Passé du statut de petit groupe minier à celui de valeur-vedette de la bourse - au point de frapper aujourd’hui à la porte du prestigieux CAC 40 -, ses moindres soubresauts sont aujourd’hui passés au crible des analystes financiers, des investisseurs et même des politiques calédoniens, qui ont manifesté ces derniers jours un vif intérêt pour la question. Dans ce contexte, la chute de 13 % de l’action Eramet enregistrée mercredi fait l’effet d’un sacré rebondissement.
Mais il faut aussi garder un peu de mesure à la lecture de ces chiffres : perdre 13 % en une séance, ça peut paraître énorme. Et ça l’est. Sauf que dans le cas d’Eramet, cette baisse intervient alors que le titre a gagné 147 % en un an, et 468 % depuis trois ans ! De quoi relativiser l’accroc, d’autant que les observateurs les plus avisés ont depuis longtemps estimé que le groupe était largement surcoté. Reste que ce mouvement de capital a tout de même une signification forte : les actions échangées ont vraisemblablement été mises sur le marché par la famille Duval, actionnaire incontournable du groupe avec 37 %. Une mise sur le marché parfaitement légale au regard du pacte d’actionnaires qui lie les Duval à Areva (l’autre actionnaire de référence avec 26 %) jusqu’en novembre 2008, mais qui donne un signe fort : la famille Duval a bel et bien l’intention de se désengager d’Eramet.
L’information n’est pas nouvelle mais il s’agit là de la première concrétisation de ces velléités. Et c’est tout l’équilibre d’Eramet et de sa filiale SLN qui s’en retrouve menacé à terme. Les Duval ont la possibilité de vendre jusqu’à 8 % de leurs parts d’ici novembre, et l’identité du ou des acquéreurs pourrait donner des indications essentielles sur l’avenir du groupe. Actuellement en visite à Paris pour évoquer le dossier, Harold Martin a tout intérêt à se dépêcher s’il ne veut pas que son deal (rachat des actions Duval contre massif de Prony Ouest) tombe à l’eau.
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