| « La libération d’Ingrid est un énorme espoir pour la Colombie » |
Pour Dominga Montiel-Bador, hier était un jour heureux. Cette Colombienne, installée sur le Caillou depuis sept ans, a vécu la libération d’Ingrid Betancourt et des otages qui l’accompagnaient comme une page importante de la vie de son pays.
Les Nouvelles Calédoniennes : Comment avez-vous vécu l’annonce de cette libération ?
Dominga Montiel-Bador : Cela a été un immense soulagement pour moi qui suit régulièrement l’actualité de mon pays à travers internet. En plus, il ne pouvait y avoir de meilleure issue : aucune balle n’a été tirée, aucun blessé n’a été à déplorer, de chaque côté. J’ai pensé aux déclarations des ex-otages. Ils expliquaient qu’ils n’étaient qu’une monnaie d’échange, une marchandise. J’ai appelé ma sœur et mon frère, qui résident à Bogota. Là-bas, la nouvelle a été rendue publique en pleine journée. Les gens se sont arrêtés de travailler pour regarder les télévisions, partout où cela était possible. Et les automobilistes ont klaxonné partout dans les rues. Pour tous les Colombiens, c’est un bon moment de leur vie.
LNC : Il semble que le pays ait appris à vivre avec les Farc. Quel est l’état d’esprit des Colombiens après ce nouveau revers de la guérilla ?
D.M.-B. : Depuis 40 ans, la guérilla enlève, pratique le racket, pousse les gens à se réfugier dans les villes pour échapper aux enlèvements. Leurs actions touchent les riches aussi bien que les pauvres. Les gouvernements successifs leur ont accordé d’énormes concessions. Mais depuis quelques années, le président Alvaro Uribe est parvenu à démobiliser la guérilla et a ainsi fait naître un grand espoir dans le pays. On peut dire que les Farc en arrivent sans doute au pire moment de leur histoire.
LNC : Comment voyez-vous l’avenir de votre pays après cette bataille remportée contre les Farc ?
D.M.-B. : Cette libération a fait naître un énorme espoir pour tous les Colombiens. Il faut savoir que la guérilla est unanimement condamnée par l’ensemble du pays. Les Colombiens veulent tourner la page des Farc. J’ai lu sur les sites des journaux d’information colombiens que 84 % des Colombiens accordaient leur soutien au président Uribe, qui a réussi à décimer le mouvement de l’intérieur. Tout le monde aimerait tourner cette page douloureuse en oubliant définitivement la guérilla.
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